Comme d'habitude, ça fait tout drôle de repartir du même
endroit d'où on est arrivé il y a déjà un mois et demi. J’en ai vu des belles
choses, et j'en ai parcouru des kilomètres. Un voyage finalement sans histoire.
Pas de vol, pas de maladie, pas de problème quoi. Et toujours de la chance dans
les transports. Presque trop facile. On ne va pas se plaindre non plus.
Ce matin, il ne pleut pas. J'en profite pour me promener sur
la plage. Il n'y a quasiment personne à part quelques pêcheurs. Je vais prendre
mon petit déjeuner dans le seul resto ouvert sur la plage. J'y retrouve mes
deux espagnols. L'endroit est reposant. J'y reste une bonne partie de la
matinée. Je profite des bons moments avant le retour. Mon minibus ne part qu'à
16 heures. J'ai le temps de glander. Vers midi, en rentrant à mon hôtel, on
m'apprend que le shuttle que je devais prendre ne viendra finalement pas. Il y
a soi-disant trop d'eau sur la route. Bizarre comme explication. C'est un peu
la panique car je dois impérativement rentrer à Antigua ce soir si je ne veux
pas rater mon avion de demain. Heureusement, il y a paraît-il un bus public qui
va à Antigua et qui part à 13 heures. Ça me laisse une demi-heure pour faire
mon sac. J'attends à l'arrêt de bus et à 13h30, toujours rien. Ça commence à
devenir inquiétant. Je commence à flipper un peu et envisage sérieusement une
solution de repli en taxi. Mais un passant me dit que j'ai dû mal comprendre.
Le bus part à 3 heures et non 13 heures. En espagnol, ça se prononce presque
pareil. “A las tres” au lieu de “a las trece”. Ouf, j'espère que c'est sûr
cette fois. J'ai donc le temps d’aller déjeuner dans mon resto sur la plage. Je
commande un poisson à la vapeur mais ça prend un temps fou. J'ai à peine un
quart d'heure pour l'avaler. Par contre, il faut reconnaître qu'il est
délicieux. A 15 heures, le bus est bien là, garé devant l'arrêt. Ouf ! Je
vais enfin pouvoir partir. Comme c'est un bus public, il s'arrête tout le temps
et nous mettons plus de trois heures pour rejoindre Antigua. Mais, à 18 heures,
j'y suis, c'est le principal. Je réserve dans une petite agence un minibus pour
demain 9 heures, pour me rendre à l'aéroport. Puis, je retourne à mon hôtel habituel.
Finalement, tout s'est bien passé mais j'ai quand même eu des sueurs froides.
Ce matin, il pleut. Je vais attendre une éclaircie pour
aller faire la balade dans les mangroves. Les nuages se dégagent vers 9 heures.
Je prends mon petit déjeuner dans un boui-boui de la rue principale. Là, un
guide me propose d'accompagner deux touristes espagnols pour faire un tour dans
les mangroves pour la moitié du prix que me proposait le vieux d'hier. Banco.
En plus, les deux jeunes sont très sympas. Lui est catalan et elle polonaise.
Ils se sont rencontrés grâce à Erasmus. Cela fait un an et demi qu'ils voyagent
ensemble. Le guide nous emmène en barque le long du rio. C'est plus sympa que
les lanchas qui sont plus bruyantes. Pour photographier les oiseaux, c'est
mieux. Le soleil réapparaît. Nous avons de la chance. La balade dure environ
deux heures. C'était plutôt chouette. Retour à l'embarcadère, puis nous allons
déjeuner ensemble avec les deux routards. On discute sur le référendum catalan
prévu la semaine prochaine. Petite sieste près de la piscine. Je vais acheter
des cartouches de cigarettes. Elles ne sont vraiment pas chères. J'avais décidé
d'arrêter de fumer, c'est raté. Je vais diminuer. Le soir, je vais dîner dans
le village. J'ai l'impression que je suis le seul touriste. C'est mort de chez
mort.
Le minibus vient me chercher à 8 heures comme prévu. Nous
descendons directement sur la côte en passant pas Escuintla. La route paraît
belle mais le ciel est couvert de nuages, et il pleut. Plus on s'approche de la
côte, plus les routes sont inondées. Il paraît que ça fait six jours qu'il
n'arrête pas de pleuvoir. Monterrico est un petit village très agréable au bord
de l’océan. D'ordinaire, il y a beaucoup de monde mais vu la météo, j'ai
l'impression d'être le seul touriste. Je cherche un hôtel. Il y a une grande
différence de prix entre les hôtels avec vue sur la mer et ceux plus en
retrait. Je fini par en trouver un pas mal du tout avec une grande piscine pour
un prix dérisoire. Huit euros la nuit et la piscine comprise bien sûr. La
première mission est de trouver un couturier qui pourra me réparer les sangles
de mon sac à dos qui sont en train de lâcher de nouveau, mais pas au même
endroit. Les réparations vont finir par me coûter plus cher que le sac. Une petite
couturière veut bien me faire ça pour cet après-midi. Je vais faire un tour sur
la plage. Pour moi, le Pacifique a un côté envoûtant. J'ai l'impression que
c'est le bout du monde. Le sable est noir, volcanique. C'est étonnant, il n'y a
aucun coquillage. L'eau est très chaude. Il doit y avoir un courant chaud par ici.
Je me rappelle qu'au Pérou, on ne pouvait pas se baigner tellement elle était
froide. Cette balade m'a ouvert l'appétit. Je vais déjeuner un ceviche dans un
petit restaurant en ville. Bizarrement, je n'ai pas trouvé de resto au bord de
la mer. Puis je retourne à l'hôtel me baigner dans la piscine. Elle est pour
moi tout seul. Que du bonheur. Vers 5 heures, je vais récupérer mon sac, tirer
un peu d'argent et faire un tour près de l’embarcadère des pirogues. On me
propose d'aller me balader demain dans les mangroves. Pourquoi pas, c'est une
bonne idée. Vers 18 heures, il faut se cloîtrer dans nos chambres car les
moustiques attaquent. Et ici, ils sont voraces. De vrais vampires, suceurs de
sang.
Tout a une fin, il faut rentrer. Ce fut trois jours bien
reposants. Il y a un collectivo qui part à 14 heures directement à Antigua. Je
vais réserver une place. En attendant, je profite de l'hôtel pour moi tout
seul. Il y a des chaises longues sur la terrasse devant le lac. On se sent comme
un milliardaire en vacances. Je déjeune à l'hôtel puis prends un tuk-tuk qui
m'emmène au village d'à côté pour récupérer un collectivo. On n’est que 4 dans
le minibus. On met un peu plus de trois heures pour nous rendre à Antigua.
Pourtant, ce n'est pas si loin que ça. Mais la piste qui grimpe au début n'est
vraiment pas bonne, et puis nous avons eu quelques bouchons. Je discute un peu
avec le jeune chauffeur. Il a 23 ans, deux enfants, habite San Pedro et fait le
trajet aller-retour tous les jours. Je retrouve mon hôtel, la Casa de Los
Arcos, mais sous la pluie cette fois-ci. Ça change un peu l'ambiance. La
vieille dame est toujours là. Je crois même qu'elle m'a reconnu. Je vais vite
en ville pour réserver un billet de minibus pour partir demain à Monterrico,
sur l'océan Pacifique. Car il n'est pas question que je reparte sans voir le
Pacifique.
Il a encore plu toute la nuit. Je crois aussi que les chiens
ont gueulé plusieurs fois. Finalement, je décide de rester une journée de plus
ici. De toute manière, le dimanche, tout est plus ou moins arrêté. Il y a un
peu plus de monde à l'hôtel aujourd'hui. Des jeunes qui viennent passer le week-end.
Cette fois-ci, je vais aller me promener de l’autre coté. Il y a beaucoup moins
de monde sur la piste car c'est un cul de sac. Juste un tuk-tuk de temps en
temps. Je vais jusqu'au petit village de Tzununa. Difficile de communiquer avec
les gens. Peu parlent pas l’espagnol. Je sirote une bière dans un boui-boui
puis je rentre par la même route. A peine rentré à l'hôtel, la pluie
dégringole. Je déjeune au restaurant de l'hôtel. Un immense hamburger. Pas
mauvais mais j’ai mal au ventre pendant la sieste. Ou sans doute est-ce le jus
de papaye qui n'était pas frais ? Enfin, ça passe vite, tant mieux. Il pleut
presque toute l'après-midi. A côté de l'hôtel, il y a un terrain de foot et la
pluie ne perturbe pas les joueurs apparemment. Les touristes du week-end s'en
vont et je reste le seul client dans l'hôtel. Il est pour moi tout seul. Les
serveuses sont très pros mais on ne peut pas dire qu'elles soient sympas. Elles
font leur boulot, pas plus. Les affaires que j'ai lavées hier n'ont toujours
pas séchées.
Il a plu quasiment toute la nuit. La pluie qui tombe sur la
tôle a fait un vacarme pas possible. Aujourd'hui, je veux visiter la région
mais si possible à pieds. Je sais qu'il y a une route qui longe le lac et qui
va jusqu'à San Pedro. On me dit que c'est loin et qu'il vaut mieux y aller en
lancha. Mais moi, je préfère marcher. Dix kilomètres, ce n'est pas non plus le
bout du monde. En plus, la route est plutôt jolie et ça me permet de rencontrer
du monde et de discuter un peu, bien que les gens du coin ne soient pas très
bavards. Mais en tout cas, ils sont sympas. Je discute avec une petite famille
de paysans qui rentre du champ. Je fais la morale à la petite fille qui ne veut
pas aller à l'école. Le problème de cette route, c'est qu'elle est envahie de
tuk-tuks. Ils sont bruyants et polluant. Il en passe un toutes les deux
minutes. Et puis, il y a aussi quelques camions qui ravitaillent les villages.
Bref, elle est relativement passante. C'est plus une piste défoncée en fait.
Mais les paysages sont magnifiques. Je traverse plusieurs villages plus ou
moins animés. Je m'arrête boire une bière sur la terrasse du petit boui-boui.
Puis, j'arrive en début d'après-midi à San Pedro. Un village assez important
mais sans grand charme. Il y a pas mal d'hôtels et de restaurants. J'en profite
pour déjeuner. La patronne me prépare un asado pour pas trop cher. Je me
régale. Je reste là un moment à contempler le lac puis, retour à San Marcos en
bateau. A peine arrivé, l'orage gronde et la pluie tombe. Je profite des bons
fauteuils de l’hôtel pour me reposer de la belle balade.
Tout le monde m'a dit que le lac Atitlàn était l'endroit du
Guatemala à ne manquer sous aucun prétexte. C'est ce que nous allons voir. Je
quitte mon hôtel vers 9 heures. Ce n'est pas le meilleur hôtel que j'ai pris
mais les hôteliers sont plutôt sympas. Je prends un bus de ville pour aller au
terminal. Ça m’a couté à peine un peso. En fait, il n’allait pas directement à
la gare routière. Il me dépose quelque part en me disant que c'est par là. Il
faut que je me débrouille. En demandant mon chemin et en traversant un marché
grouillant de monde, je retrouve la gare. Un bus part justement pour
Panajachel. Décidément, je n'aurai jamais attendu un bus plus de cinq minutes durant
tout mon voyage. Le trajet dure deux heures et demi. La route qui descend sur
le lac et magnifique. Panajachel est très touristique. Je ne vais pas rester
dans ce bled. Je fais un tour à l'office du tourisme qui me donne plein d'infos
intéressantes. Il me conseille d'aller dormir à San Marcos, un petit village du
lac à une vingtaine de minutes environ en bateau. Il paraît que là-bas, c'est
plus tranquille et plus reposant. Sur le chemin, je m'arrête chez un petit
couturier pour qu'il me recouse les sangles de mon sac à dos qui sont en train
de lâcher. J'ai maintenant un sac solide. Je passe au distributeur retirer de
l'argent, puis vais déjeuner dans un petit restaurant situé au bord du lac. Ce
n’est pas mauvais, sans plus. J'ai le droit à un défilé de vendeurs. Des
Indiens du coin qui proposent leurs tissus. Ils arrivent à me vendre deux nappes
plutôt jolies et fait main, bien sûr. Comme ils sont sympas et malins, ça m'a
fait plaisir de craquer. Une fois fini de déjeuner, je me dirige vers
l'embarcadère des bateaux. Le lac est vraiment joli. Mais c’est couvert, il y a
beaucoup de nuages. Ce sera plus chouette demain. Arrivé à San Marcos je
cherche un hôtel. Il y en a pas mal, mais la plupart sordides, pour les
routards et les hippies. Je vais voir à tout hasard dans un hôtel chic au bord
du lac. Ils ont des chambres assez chères avec vue sur le lac mais me ils font
un prix pour une belle chambre à l'arrière. L'endroit est calme et reposant. Je
peux profiter de la belle terrasse sur le lac. Le soir, la pluie tombe. On me
prépare une bonne petite soupe.
Quetzaltenango est la deuxième ville du pays. Elle n'est pas
vraiment jolie mais elle a l'air agréable à vivre. Elle est entourée de
montagnes et de volcans. C'est ce qui fait son charme. Ce matin je vais aller
visiter la ville. En passant par la place principale, je m'aperçois que des
étudiants sont en train de faire des préparatifs pour une fête. Au sol, ils
font des décorations avec du sable de couleur. C'est superbe. Ca doit mettre un
temps fou pour faire ça. Il paraît que c'est la fête de la patronne de la
ville, sainte « je ne sais pas quoi ». Je grimpe sur la colline d'en
face pour avoir un panorama sur la ville. Il fait beau et le soleil est dans le
bon sens, c'est magnifique. Là-haut, il y a un petit restaurant avec une
terrasse avec une vue sur toute la ville. J'y prends un café. Je pourrai rester
là des heures entières à contempler le paysage. Puis je redescends sur la
place. La fête a commencé. Il y a des fanfares, des pétards et un monde fou.
Entre temps, je vais visiter le petit musée. Rien de très intéressant mais
marrant. Je retourne à la fête. Pétards à gogo. Ça claque de partout. Moi qui
n'aime pas ça, je suis servi. Il y a aussi une procession de la Vierge. A son
passage, tous les smartphones sont braqués sur elle. Chaque collège défile au
son des fanfares. Certains marchent au pas de l'oie. Ça fait un peu froid dans
le dos. En plus, ils massacrent toutes les décorations au sol. Les chameaux !
La fenêtre de ma chambre donne sur une ruelle. Elle est
piétonne et silencieuse. Mais les chiens s'en sont donnés à cœur joie pour
aboyer toute la nuit. Et puis il a fait froid. Bref, petite nuit. Ce matin, il
fait beau. Il y a un ciel bleu. Mais je sens que ça ne va pas durer. Je vais
donc me promener dans le village. Je monte d'abord pour avoir une vue
d'ensemble sur la vallée. Je tombe sur un petit site archéologique. L'endroit
est agréable mais on ne voit pas grand-chose. Juste quelques monticules de
terre. Je redescends jusqu'au centre. Je prends un petit déjeuner très simple
dans la boulangerie. C'est très local. Puis, je vais faire un tour dans le
marché. Ce sont essentiellement des indiens qui vendent leurs produits.
L'accueil est chaleureux mais sans plus. J'arrive à prendre discrètement
quelques photos des gens. Je sais qu'ici, il faut faire attention. Ils n'aiment
pas trop ça. Les hommes sont tous habillés de la même façon. Des espèces de
pantalons rayés plutôt marrants. Je m'aperçois que sans véhicule pour visiter
la région je vais vite m'ennuyer ici. Je décide donc de repartir à midi. En
plus, les nuages reviennent doucement. Et sous la pluie, ici, il n'y a pas grand-chose
à foutre. Je retourne à l'hôtel faire mon sac. Je vais aller à Quetzaletenango.
Je ne suis pas sûr qu'il y ait grand-chose à voir mais ça me changera. Je
prends donc un petit bus à midi pour retourner à Huehuetenango. La route est
vraiment très jolie et cette fois-ci, elle descend. Nous mettons une demi-heure
de moins qu'à l'aller. A peine arriver à la gare routière, j'ai à peine le
temps de ranger mon sac qu'un autre bus part pour Quetzaltenango. Je le prends.
Je suis juste derrière le chauffeur. Il passe son temps au téléphone. Gonflé le
mec. Avec tous ces virages, c'est dangereux. Très belle route aussi mais l'inconvénient
de ces bus, c'est qu'on ne voit pas grand-chose à travers les fenêtres. La gare
routière de Quetzaltenango est loin du centre historique. Je dois prendre un
taxi qui m'arnaque un peu sur le prix. Je tourne un peu avant de trouver un
hôtel correct et pas trop cher. Le soir, comme j'ai faim, je vais dîner dans un
bon resto indien. Une fois n'est pas coutume. Nous sommes à 2 300 mètres
d'altitude. Il fait froid et la pluie tombe aussi. Je me couche tôt.