Aujourd'hui, il pleut. Je prends mon petit déjeuner, paye
l'hôtel puis vais à pieds à la gare routière. Il y a un bus local toutes les demi-heures
pour Chetumal, première ville mexicaine après la frontière. Le passage à la
douane se passe sans difficulté. Il faut payer une taxe d’une quinzaine d'euros
pour sortir du Belize. On ne sait pas trop pourquoi. Le reste n'est que
formalités. Je ne veux pas rester à Chetumal. Il paraît qu'il n'y a rien à voir
depuis le passage du dernier cyclone qui a ravagé la ville. Je veux aller à
Bacalar, un bled un peu plus loin au bord d'une lagune. Il parait que ça vaut
le coup d’œil. J'arrive à trouver la station des collectivos qui y vont. Par
contre, j'ai un mal de chien à trouver un distributeur de pesos mexicains.
Bizarrement, j'en trouve un dans un commissariat de police. Fallait le savoir.
Il y a un bel orage au-dessus de ma tête. Comme il me reste vingt minutes avant
le départ, je bouffe un hamburger dans le petit resto de la station de bus. Pas
terrible mais ça rempli le bide. Bacalar n'est qu'à une trentaine de kilomètres
de Chetumal. En passant par la quatre voies, il nous faut à peine une
demi-heure pour nous y rendre. Il y a une bonne marche pour rejoindre la lagune
au bord de laquelle se trouvent les hôtels. J'ai du mal à en trouver un bon
marché. Mais je fini par en dégoter un pas trop mal avec vue sur le lac. Comme
j'ai faim, je vais manger une excellente pizza dans un pizzeria tenue par de
vrais italiens, près de la place du village. Sur ce, j'ai un message de David
qui me dit qu’ils viennent d'arriver à Bacalar et, que par le plus grand des
hasards, ils logent juste à côté de mon hôtel. Incroyable. A à peine cent
mètres. Je vais les rejoindre pour discuter autour d'un verre de whisky. Ils me
racontent que finalement, ils ont abandonné l'idée d'aller dormir chez les mémonites.
Ils ont trouvé l’ambiance trop coincée et se sentaient un peu voyeurs. Demain,
nous décidons d'aller nous balader ensemble.
Un 4x4 vient me chercher à l'hôtel à 9 heures précise. Il y
a déjà un couple de français ch'tis qui attendent dans la voiture. David et Michou.
Ils ont la cinquantaine. Ils ont l’air très sympas et marrants. Ils finissent
leur second tour du monde. Le chauffeur nous emmène à l’embarcadère des bateaux
sur le fleuve New River. C'est à une dizaine de kilomètres au sud d’Orange
Walk. Nous allons parcourir une quarantaine de kilomètres sur le fleuve pour
rejoindre le site maya de Lamanai. Nous apercevons quelques beaux oiseaux et
des iguanes. Ça grouille aussi de caïmans mais nous n'en verrons pas. Le bateau
fait trop de bruit. Cette navigation est très agréable. Il y a aussi un couple
de jeunes new-yorkais qui nous accompagne. Ils ne sont pas très bavards. La
balade nautique doit durer environ une heure. C'est très agréable. L’eau
rafraîchit l’atmosphère. On bavarde pas mal avec les ch'tis. On se raconte nos
voyages. On en a beaucoup en commun. Le site est sympa mais j'avoue que je
sature un peu. Le chauffeur a prévu un pique-nique. Frugal mais bon. Puis nous
reprenons le bateau dans l'autre sens. C'était une belle promenade avec une
chouette rencontre. Quelques belles photos aussi.
Comme j'ai un peu de temps avant de rendre la chambre, je
vais visiter le musée de la ville. Il se trouve à deux pas de l'hôtel. Il est
seulement 9 heures et il fait déjà une chaleur accablante. Le musée est situé
dans une ancienne prison coloniale. Rien de transcendant. Quelques expositions
sur la traite des noirs, sur les populations Mayas et sur les insectes. Il
n’attire pas grand monde et on comprend pourquoi. Je retourne à l'hôtel, prends
mon sac, mets les clefs de ma chambre dans une boîte aux lettres puis me dirige
vers la gare routière. Au passage, je vais tirer un peu d'argent. Je risque
d'être un peu court pour finir mon séjour au Belize. Cette fois-ci, c'est un
vieux bus qui s'arrête souvent. Mais nous ne mettons que deux heures pour
rejoindre Orange Walk. Drôle de nom pour une ville. Comme son nom ne l'indique
pas, c'est la ville de la canne à sucre et des sucrières. Il n'y a pas grand-chose
à voir mais je la trouve plus avenante que Belize City. On vient surtout ici
pour visiter le site maya de Lamanai. Je me fie à mon guide pour trouver un
hôtel. J'ai décidé de me faire plaisir et de prendre un bon hôtel avec de la
clim. J'avoue que j'ai du mal à supporter cette chaleur moite. Ça me rend mou
et amorphe. C'est cher, comme tout ici, mais ils me font une réduction. J'en
profite pour réserver une excursion pour aller visiter Lamanai demain matin. Je
me balade un peu dans la ville mais il n'y a pas grand-chose à voir. À part peut-être
les mennonites, une communauté de mormons. On les voit souvent se balader dans
la ville. On se demande vraiment ce qu'ils foutent là. Les hommes sont vêtus de
pantalons noirs, de chemises à carreaux avec des bretelles et des chapeaux de
paille. Les femmes sont, elles, habillées de robes longues noires et de grands
chapeaux blancs. Comment ne crèvent-elles pas de chaud ? Elles suivent bien
sagement leur mari. C'est « la maison dans la prairie » sous les
tropiques. Décalage complet.
Je vais prendre mon bus sur la place principale. Il y a un
office du tourisme qui m'explique certains trucs à voir au Belize. En plus, le
type très sympa me file une carte du pays. Le bus part à 9 heures. C'est un bus
express. Il ne met que deux heures pour rejoindre Belize city. Les paysages
sont assez monotones. De la forêt tropicale à perte de vue. J'ai repéré un
hôtel dans le centre-ville. C'est relativement cher mais ici, tout est cher.
Surtout si on veut un minimum de confort. Et avec cette chaleur, la climatisation
s’impose. Une fois mon sac déposé, je vais me balader un peu en ville. Pas grand-chose
d'intéressant à voir. Des vieilles maisons en bois qui datent d’un bon siècle
et qui ont résistées aux cyclones. Des écolières sortent d’une école
religieuse. Elles ont toutes la même tenue blanche avec un nœud de couleurs
différentes, sûrement en fonction de leur classe. Je croise pas mal de pauvres
en guenille. Surtout des noirs et souvent imbibés d’alcool. Je vais jusqu'à la
pointe de la presqu’île où il y a un phare. Puis je rebrousse chemin vers la
rue commerçante du centre. Rien de très folichon. Je trouve difficilement un
restaurant à peu près correct près des quais. Du poisson pané, du riz et une
bière. Ce n’est pas ici que je vais faire un repas gastronomique. Retour dans
ma chambre climatisée pour respirer un peu.
Je prends un bon petit déjeuner dans le restaurant de
l'hôtel puis prends un taxi qui m'emmène jusqu'à Benque Viejo, près de la
frontière du Guatemala. De là, je prends un petit bac gratuit pour traverser la
rivière. Après une petite marche d'un kilomètre et demi sous la chaleur,
j'arrive à l'entrée du parc de Xunantunich. Un site maya idéalement perché sur
une colline. Du haut de la plus haute pyramide, il y a une vue superbe sur la
région. On voit même le Guatemala qui est vraiment tout à côté. L'endroit est
calme et paisible mais il fait très chaud. Je transpire à grosses gouttes. J'ai
la chemise trempée. A la sortie du site, je bois une bouteille d'eau glacée à
la buvette en discutant avec un guide. Il me sort autant d’eau en transpiration
qu'il en entre par la bouche. Puis, je redescends la route et reprends le bac.
Sur la grande route, je chope un taxi qui me ramène jusqu'à San Ignacio. Je
l'arrête avant d'entrer en ville pour aller visiter un autre lieu archéologique
du coin. Cahal Pech. Il est midi, il n'y a personne. Pourtant le dimanche, les béliziens
ne paient pas. Nous, si. Le site est sympa mais je commence un peu à saturer
des ruines. Je redescends en ville et m'arrête au passage dans un restaurant
très chouette qui fait d'excellents fajitos. Finalement, j'ai bien marché.
J'aime beaucoup cet endroit. Je profite de la matinée pour
glander un peu sur la terrasse qui surplombe le lac. Il y a plein d'oiseaux qui
viennent me tenir compagnie. Puis je prépare mon sac et quitte ce petit coin de
paradis. Direction le Belize. Un tuk-tuk m'emmène jusqu'à la route principale.
Au moment même de notre arrivée au carrefour, un collectivo s'arrête. Il va
bien à la frontière. Il m’embarque. Nous passons devant les ruines de Yaxhà.
J'aurai bien aimé m'y rendre mais trop compliqué pour trouver un transport. Ou
alors il aurait fallu marcher 11 kms sous la chaleur. Je ne m'en sentais pas le
courage. La frontière se passe bien, à part une queue du côté bélizien. A la
sortie de la douane, un taxi me propose de m'emmener jusqu'à San Ignacio.
J'accepte. J'ai la flemme de prendre le bus local. Il y a à peine 15 kilomètres
à faire. Le taxi me dépose directement à l'hôtel que je lui ai indiqué. J'ai choisi
une chambre climatisée. C'est plus cher mais c'est plus confortable, surtout
avec cette chaleur humide difficilement supportable. Je vais tirer du fric
local, des dollars béliziens. Puis je vais manger des nouilles sautées dans un
resto chinois un peu crade. Je vais aussi me renseigner sur ce qu'il y a faire
dans la région. Demain, il y a une visite de grottes organisée mais c'est très
cher et ça ne me tente pas vraiment. Il fait vraiment très chaud. Je vais
profiter de la clim de ma chambre. C’est assez étonnant ce petit pays. Il y a à
peine 350 000 habitants. C'est un mélange de noirs, de blancs, de chinois qui
tiennent les commerces, de latinos et de métis bien-sûr. On y parle aussi bien
l'anglais que l'espagnol. On utilise deux monnaies, le dollars Belize et le
dollar américain. Il y a deux capitales. Et une pléthore d'églises anglicanes. Bref,
il y a toujours le choix.
Le minibus vient me chercher à 5h30. En fait, ce sont des minibus
qui viennent de Florès. Ils sont remplis de jeunes routards complètement
endormis. Eux sont partis à 4h30. Il faut à peine une heure pour atteindre la
porte du parc. On paye un droit d'entrée de 150 Quetzales. Une petite pause
pour boire un café, puis c'est parti. Je vais dans le sens opposé des visites guidées,
ce qui fait que je suis quasiment seul. Au début, je me perds un peu puis
finalement je prends une photo de la carte du site que me prête gentiment un
couple de québécois. Ça va être plus facile. Il y a beaucoup de brume ce matin
mais ça va vite se lever. Vers 9 heures, c'est le grand beau. Ce que j'aime
bien ici, c'est qu'ils ont conservé un grand nombre de ruines encore ensevelies.
On a l'impression de découvrir les temples comme au temps des premiers
explorateurs. Il y des temples plus ou moins imposants disséminés un peu
partout. En tout cas, ça vaut le coup rien que pour la balade en forêt. Au bout
de quatre heures de marche, j'ai l'impression d'avoir fait le tour des
principaux sites. Les autres sont encore bien cachés. La plupart des monticules
de pierres sont des temples recouverts de végétation. Il commence à faire
vraiment très chaud. Je rentre au parking puis retour à El Remate. Je déjeune
au restaurant de l'hôtel. Comme d'habitude, un délice. La patronne me propose
de me faire préparer un plat typiquement régional pour le dîner de ce soir. Une
sorte de ragoût. Qu’est-ce qu’on est bien ici. Ça va être dur de repartir.
Je prends un super petit déjeuner sur une terrasse au bord
du lac. C'est vrai qu'on est bien ici et qu'il a l'air de faire bon vivre. Mais
j'ai quand même envie de changer de crèmerie. J'ai envie d'aller de l'autre
côté du lac à El Remate. Ça a l'air plus paisible et moins touristique. Je me
renseigne sur le prix des lanchas mais c'est hors de prix. Je vais donc me
débrouiller par la voie terrestre. En sortant de l'hôtel, un type me propose de
faire un tour en lancha sur le lac. Je me dis que c'est un bonne idée avant de
prendre mon bus pour El Remate. On passe donc une petite heure à naviguer sur
le lac. C'est sympa. Il m'explique plein de trucs sur la région. Puis il me
dépose à un embarcadère sur la rive et m'indique où je dois prendre mon bus. Un
type qui vend des noix de coco à un croisement m'aide à trouver un minibus.
J'ai à peine le temps de boire mon lait de coco qu'il y en a un qui arrive. Il
met une petite demi-heure à m'emmener à destination. Là, je trouve un hôtel
paradisiaque au bord du lac avec un joli jardin très bien entretenu. Pour
déjeuner, on me sert un délicieux poisson, pescado blanco, tout frais sorti du
lac. Un régal. Puis je vais faire une petite sieste en mettant un peu de clim.
J'avoue qu'avec ce temps chaud et humide ça fait un bien fou. Qu’est-ce que
c'est tranquille ce coin. Ça change de Florès. Je vais faire une promenade à
pieds autour du lac. C'est paisible et reposant. Je dîne léger au restaurant de
l'hôtel tout en diffusant mes photos sur Internet. Demain, il faut que je lève
tôt pour aller visiter Tikal.

Je prends la première navette fluviale pour me rendre à Rio
Dulce. C'est une ville routière au bout de la lagune. De là, je prendrai un bus
pour me rendre à Florès. Le bateau traverse la lagune en passant par des coins
sympas où l'on peut apercevoir des oiseaux. Entre la lagune et l'océan, il y a
une grande gorge avec de grandes falaises couvertes de forêt. Un petit arrêt
touristique aux eaux chaudes. En prenant son temps, il nous faut une heure et
demi pour atteindre Rio Dulce. De là, on rejoint à pied l'arrêt de bus. On nous
dit qu'il faut attendre le bus une petite demi-heure. En fait on l'attendra
plus d'une heure et demi dans la chaleur, au bord de la route. Il n'y a que des
jeunes routards de toutes nationalités. Lorsqu'enfin le bus arrive, il est
complet. Nous devons rester debout et attendre que des passagers sortent pour
prendre leur place. Au bout d'une heure et demi, j'arrive enfin à m’assoir. Je
n'ai pas vu le paysage de la route mais je crois que je n'ai pas perdu grand-chose.
Des collines couvertes de jungles verdoyantes. Une fois arrivés à Florès, des
minibus tente de nous diriger vers des hôtels de leur convenance. Florès est en
fait une île sur une lagune. C'est assez mignon mais très touristique. Il y a
des hôtels et des restaurants partout. On a que l'embarras du choix. Mais ici,
tout est cher. Je trouve une chambre avec un petit balcon qui donne sur le lac.
Sympa mais il fait une sacrée chaleur à l'intérieur. Sans doute parce que je
suis sous la terrasse. Je vais dîner dehors. Je mange quelques tapas délicieux
au bord du trottoir puis vais me renseigner sur les excursions dans un petite
agence. L'attraction locale, c'est bien entendu Tikal mais il y a aussi
d'autres sites Mayas intéressants comme Yaxha. On réfléchira à tout ça demain.
Apparemment, je dois libérer la chambre ce soir. Il y a eu
une erreur de réservation. La nana de l'hôtel doit me trouver une autre chambre
ailleurs. Ici, tout est complet. Je retourne à l‘embarcadère pour annuler mon
bateau avec le petit vieux. A 9h30, une lancha vient nous chercher sur le
ponton juste en face de l'hôtel. Nous sommes une bonne quinzaine, surtout des
jeunes. Nous faisons une halte pour voir des cascades le long d'un rio. Il y a
quelques piscines naturelles. C’est sympa de se promener dans le rio, les pieds
dans la flotte. Puis nous reprenons la lancha pour aller un peu plus loin sur
la côte, dans un petit coin de paradis. La playa blanca. Il n'y a pas grand-chose
à faire à part la bronzette et la baignade. Pas trop mon genre. Je vais me balader
le long de la plage mais suis vite stoppé par les mangroves. A à peine deux
cent mètres de la plage touristique, c'est un vrai dépotoir de poubelles. On
comprend mieux pourquoi on doit payer un peu. Ici, ils doivent nettoyer tous
les jours. On glande jusqu'à 15 heures puis retour à Livingston en longeant la
côte. Trois heures de plage, je crois que j'ai eu ma dose pour un moment. Ils
avaient annoncé de la pluie toute la journée mais finalement nous avons eu
droit à un temps magnifique. De retour à l'hôtel, comme prévu, je déménage à
l'hôtel Dona Alida. Je n'y perds pas au change. Il est plus tranquille et donne
directement sur une plage. Ici, la plage, c’est de l’herbe bien verte. Pas de
sable. Je retourne au restaurant du port pour manger un Tapado. C'est une
espèce de bouillabaisse local où on mélange tous les restes de poissons. C'est
plutôt bon et l'idéal pour un dîner léger.
Il a
plu toute la nuit. Et de la grosse pluie bien tropicale. Cet hôtel est
extraordinaire. On retourne cent ans en arrière. Comme si rien n'avait changé
depuis. Même la salle à manger est d'origine. Le serveur est un vieux noir tout
droit sorti d'un vieux film. Je prends quelques photos de l'endroit pour m'en
souvenir puis je vais à pieds à l‘embarcadère des lanchas. C'est comme ça
qu'ils appellent les petits bateaux à moteur ici. Il y en a une qui est sur le
départ juste quand j'arrive. Décidément, j'ai beaucoup de chance. La traversée
jusqu'à Livingston ne dure que trente petites minutes. Faut dire qu'ils sont
équipés de sacrés moteurs. C'est sympa d’arriver par la mer. Livingston est un
petit bled paumé. On n’y accède que par bateau. Il n'y a pas de route, les gens
n'en veulent pas. Il est principalement peuplé de garifunas, des anciens
esclaves noirs venus se réfugier ici. Au débarquement, il y a les inévitables
rabatteurs qui tentent de nous diriger vers certains hôtels qui les rémunèrent
au passage, à notre détriment bien entendu. J'arrive à m'en débarrasser assez
facilement. Après la visite de deux ou trois hôtels, j’en trouve un très sympa
et bon marché avec une vue sur la mer. Devant moi, la baie. Il ne manque plus
que les vaisseaux de pirates. Je vais faire un petit tour dans le bourg. Il n'y
a pas grand-chose à voir, juste une ambiance typiquement caraïbe et
nonchalante. J'achète une chemise à manches courtes. Il n'y a que ça que je
supporte ici. Puis je vais manger une langouste sur la terrasse du resto du
port. Un vrai délice. Je rencontre un type qui me propose de louer sa barque
pour la journée de demain. C'est relativement cher mais je me dis que ça vaut
sans doute le coup. Mais plus tard, à l'hôtel, on me propose de me greffer sur
un groupe de cinq canadiennes. C'est beaucoup plus économique. Il fait chaud et
très humide. Je dois prendre plusieurs douches par jour. Il parait qu'il y a
aujourd'hui une éclipse solaire aux États-Unis. Ici, on ne voit rien. Sauf à la
télé comme tout le monde.
Finalement,
j'ai changé mes plans. J'ai lu qu'on pouvait accéder en bateau à Livingston en
passant par Puerto Barrios. Une ville portuaire plus au nord. En plus, il
parait que ce port a un côté « fin du monde » complètement glauque.
J'adore ! Après mon petit déjeuner, je retourne à l'agence de voyage pour
savoir si par hasard, il n'y a pas un départ ce matin. On me dit qu'un minibus
est parti ce matin pour Puerto Barrios. Eh merde ! On me conseille de prendre
en minibus qui retourne à Antigua et de m’arrêter à Rio Hondos. De là, je
pourrai trouver plus facilement un bus pour Barrios. J'acquiesce. Je perdrai
moins de temps de cette façon. Un minibus vient me chercher à l'hôtel à midi.
Le chauffeur m'explique qu'il fait le trajet aller-retour tous les jours de la semaine.
Ça doit être crevant. Nous passons la douane en cinq minutes, un record. J'ai
pu négocier avec le chauffeur pour me mettre devant, à côté de lui. On voit
mieux le paysage. On discute un peu. La route montagneuse est plutôt jolie. Il
me dépose cent bornes plus loin, au croisement de la route qui mène sur la côte
caraïbe. Apparemment, je viens de rater un bus à 5 minutes près. Le suivant
passe dans trois heures et demi. Je demande s’il n'y a pas d'autres solutions ?
Sympas, ils me conseillent d'attendre le passage d'un minibus sur la route. Ce
que je fais. Et par chance, j'en trouve justement un qui va à Puerto Barrios.
J'ai vraiment le cul bordé de nouilles. Bon, c'est un minibus local blindé de
monde mais on me trouve une place à côté de deux charmantes minettes. On se
sert un peu, normal ! Il fait de plus en plus humide et chaud. On approche de
la mer. On arrive enfin à Barrios vers 17 heures. Grâce à mon GPS, j'arrive à
trouver l'hôtel del Norte, situé juste à côté du port industriel. C'est un très
vieil hôtel tout en bois qui date de cent ans et qui n'a pas bougé depuis.
J'adore ces endroits chargés d'histoire. Je dégouline de sueur tellement l'atmosphère
est moite. Je prends une chambre bien pourrie mais avec une vue sur la piscine
et la mer. Je prends une bonne douche et en profite pour faire un peu de
lessive. Puis je descends au resto de l'hôtel. Le garçon, un vieux noir très
sympathique, me dit qu'ils ne servent pas de poisson. Mais il me conseille
d'aller au resto d'à côté. Il y a une petite fête sur les quais. Je trouve le
restaurant. Je m’installe sous la grande paillotte. Je commande un ceviche. Puis,
la pluie tombe brusquement. Heureusement, je suis abrité. Dehors, tout le monde
s'enfuit en courant. Une fois l’averse terminée, je retourne à l'hôtel pour
bien dormir.

J'ai
bien dormi. Ça faisait longtemps. Je vais prendre un petit déjeuner dans un
petit resto en bas de la rue. Puis je marche jusqu'au site. Ce n'est pas très
loin. A peine un quart d'heure. On passe un petit pont à la sortie de la ville
puis c'est tout droit. Il suffit de suivre le chemin. A la caisse du site, ils
ne veulent pas de monnaies guatémaltèques, des Quetzales. Juste des Lempiras,
la devise locale, ou des dollars américains. Je n’en ai pas assez sur moi,
c'est la merde. Le caissier me propose d'aller faire du change dehors. Lui n'a
pas le droit d'en faire. Je vais donc dans une boutique à touristes. Le type à
peine sympathique me propose un taux de change limite foutage de gueule. Comme
je râle un peu, j'arrive à négocier. De toute manière, je n’ai pas trop le
choix, sinon il faudrait que je retourne en ville et je n'ai pas vraiment
envie. Me voilà enfin entré dans le parc. Comme il est huit heures du matin, il
n'y a pas encore grand monde. J'en profite pour faire le tour dans le sens
contraire des guides afin d'être plus tranquille pour prendre des photos sans
personne dessus. Et c'est plutôt réussi, je suis quasiment tout seul. Le temps
est plutôt nuageux. Ça va rendre la prise de photos plus compliquée. Le site
est composé de pyramides et de stèles éparpillées un peu partout. Je me balade
un peu au hasard. Puis je retourne à l'entrée du parc pour tout refaire dans le
bon sens. Les groupes scolaires débarquent. Mais ça va, ce n'est pas non plus
la foule. Il y a de très beaux perroquets qui volent un peu partout au-dessus
de nous. Ils ont des couleurs magnifiques. Je déambule trois heures dans le
parc, puis rentre en ville. Au moment précis où je sors du site, le soleil
réapparaît. Pas de bol. Mais ce sera de courte durée. Je vais faire un tour en
ville et me renseigne sur les bus pour retourner au Guatemala demain. J'ai
l'impression que ça ne va pas être simple. Il n'y a pas assez de monde pour
affréter un minibus direct pour Rio Dulce. Il va falloir que je prenne des bus
locaux. Ça va être sport et risque d'être long. Je vais déjeuner au même resto
que ce matin. Des spaghettis à la carbonara avec des morceaux de poulet. Pas si
mal.
Voilà, mon circuit commence vraiment maintenant. Je
reviendrai à Antigua dans un mois et demi environ, avant de reprendre mon avion
de retour vers la France. Je me demande bien pourquoi le minibus part si tôt.
En fait, on comprend assez vite. Nous traverserons Guatemala city et il faut
éviter les bouchons du matin. A cinq heures, c'est déjà bien chargé. Alors plus
tard, je n'ose pas l’imaginer. Au début, tout le monde roupille plus ou moins.
A mi-parcours, nous sommes ralentis par des gros travaux routiers. C'est assez
impressionnant. Ils creusent la montagne pour élargir la route. On attend
plusieurs heures à cause des circulations alternés. On met plus de huit heures
pour parcourir les 170 kilomètres. Le passage de la frontière hondurienne va
relativement vite. Copán se trouve juste derrière la frontière, à 10 kms. C'est
un petit village de montagne plutôt joli et touristique aussi. On est harponné
à la sortie du bus pour choisir notre hôtel. Je préfère me fier au guide et
marcher un peu au hasard dans le village. Je trouve un hôtel sans prétention et
pas trop cher, près du centre. Il est sur la route qui mène aux ruines. Ce sera
parfait. Je fais un petit tour en ville puis rentre me reposer. Le soir, je
fais la connaissance de Vivianna. Une italienne en vacances qui travaille dans
une ONG au nord du Guatemala. Nous discutons assez tard du machisme très fort
qui règne ici.
Le chauffeur
du minibus vient me chercher à la porte de mon hôtel à 6 heures précise comme
prévu. Il fait frisquet. J’ai mis une polaire. Nous parcourons la ville pour
aller chercher d’autres touristes. Il y a de tout, des Italiens, des Catalans,
de allemands, des israéliens et bien entendu, un paquet d'Américains. Ce serait
difficile de les oublier, on entend qu'eux. Surtout les femmes. Elles parlent
tout le temps. Enfin, quand je dis « elles parlent », « elles
gueulent » serait plus approprié. Pour rejoindre le volcan, il faut
compter environ une heure et demi de route sinueuse. Aujourd'hui, il ne fait
pas très beau. Les nuages sont bas. Ce n'est pas de bon augure. Mais bon, il ne
peut pas, c'est déjà ça. Arrivés au camp de base, un grand nombre de types nous
attendent avec leurs chevaux. « taxis naturels » comme ils disent.
Nous payons le droit d'entrée au parc puis commençons l'ascension. Ça grimpe un
peu mais rien de terrible. Les gauchos nous suivent derrière comme des vautours
au cas où on aurait un coup de fatigue en cours de route. Et ça marche. Une
bonne dizaine de touristes craquent. Nous entrons dans les nuages. Au sommet,
ils sont toujours là. Heureusement, il y a parfois quelques éclaircies. On
devine le cratère. Le volcan a explosé fortement il y a 3 ans. Par endroit, la
lave est encore chaude. Ça fume encore. L’endroit est assez étonnant. Au fond,
il y a même une petite bicoque qui vend des babioles en lave. Les guides font
fondre des marshmallows au bout d'un bâton. Ça amuse les touristes. Puis nous
redescendons gentiment. L'aller et retour aura duré 3 heures et demi. Une
petite balade bien sympathique. Puis le bus nous ramène par la même route. Au
loin, on aperçoit la fumée qui sort d'un volcan. Il y en a plein d'actifs dans
la région. De retour à Antigua, je vais déjeuner au resto mexicain qui fait
d'excellents tapas. Je me régale. Puis je passe dans une agence pour acheter un
billet de bus pour partir demain à Copán, au Honduras. Il paraît qu'il y a là-bas
un site maya très intéressant. Ça tombe bien, c’est pour ça que je suis venu. Le
minibus doit venir me chercher demain à 4 heures du mat. Heureusement que je suis
encore en décalage horaire. Ce sera plus facile.
Je me
réveille à 4 heures du mat. Normal. Pas facile mais il faut que je me rendorme.
À 7 heures et demi, il y a un beau ciel bleu. Je vais prendre un petit déjeuner
dans une petite tienda à côté puis me prépare à visiter la ville. Il n'y a plus
personne dans les rues. Rien à voir avec la foule d'hier. Les rues sont pavées
avec des pierres d'époque. Ça leur donne un charme particulier. Je vais visiter
un grand nombre de couvents, d’églises et autres monuments de l'époque
coloniale. Tous sont quasiment en ruines. L'ancienne capitale a subi un grand
nombre de tremblements de terre. Aucun monument n'a complètement résisté à la
colère du sol. C'est la raison pour laquelle les colons espagnols ont décidé de
déménager la capitale cinquante kilomètres à l'est. Antigua est devenu une
petite ville paisible et historique où viennent se reposer les guatémaltèques
pendant leurs congés. Tous ces ruines chargées d’histoire donnent un certain
charme à la ville. Je déjeune dans un restaurant typiquement guatémaltèque. Ça
ressemble à de la cuisine mexicaine. C'est plutôt bon. La cuisine est à base de
poulet, haricots rouges, riz et avocat. Vers 14 heures, le soleil tape un peu.
Je retourne à l'hôtel pour faire une petite sieste. Puis je vais visiter
d'autres couvents et églises en ruine. Ici, ce n’est pas ça qui manque. Les
touristes étrangers paient l'entrée dix fois plus cher que les nationaux mais
ça reste raisonnable pour nous. 5 euros par site environ. Je me dis que ça
permet de les entretenir. Je suis presque le seul touriste étranger chaque fois.
La plupart des étrangers sont de jeunes qui viennent apprendre l'espagnol dans
des écoles qui pullulent ici. J'ai l'impression qu'il y a un vrai business pour
ce filon. Je finis la journée en allant visiter le très beau cimetière de la
ville près du grand marché. Il est dans un joli parc en périphérie de la ville.
Un petit vieux me vend des confiseries qu'il a faite avec de la pulpe de coco.
C'est bon. En rentrant, je passe par une agence pour voir ce qu'ils proposent
comme excursion dans le coin. Je me laisser tenter par l’ascension du volcan
Pacaya. C’est relativement facile et ça se fait dans la journée. Départ prévu
demain à 6 heures du mat.
Décalage
horaire oblige, je me réveille à 4 heures du matin avec l’impression d’avoir suffisamment
dormi. Je regarde un peu la télé. Il n’y a que des chaînes de merde qui
diffusent des télé achats, des pubs, et des prêcheurs qui réclament du pognon.
On ne parle que de dollars. Le petits déjeuner n’est vraiment pas terrible. Les
américains sont toujours aussi gros. Je reprends la navette gratuite pour
retourner à l'aéroport. Sur mon billet, je n'ai pas de siège attribué. Il faut
encore négocier à l'embarquement pour qu'ils me trouvent une place en fonction
des désistements. Ouf, ils en ont une. Ça y est je pars. Le survol de la
capitale Guatemala City est superbe. Une ville entourée de collines et de
volcans. La police et la douane se passent sans problème. Rien à voir avec
Atlanta. À la sortie de l'aéroport, il y a des petites navettes qui nous
emmènent jusqu’à Antigua, à 45 kms de là. C'est l'ancienne capitale. Une
vieille ville historique très jolie. Je préfère venir ici que d’aller à
Guatemala City qui n’a à priori aucun intérêt. Le chauffeur m'arrête à un
distributeur pour tirer de l'argent local. Le Quetzal. Antigua est très
touristique mais ça n'a pas l'air trop gênant. Je vais faire un tour à l'Office
du tourisme pour trouver un petit hôtel pas cher. J'en déniche un très sympa
tenu par une petite grand-mère Devant la chambre, il y a une terrasse avec une
vue magnifique sur le volcan d'en face. Je prends une bonne douche et me repose
un peu. Le décalage horaire et la fatigue du voyage m'ont achevé. Dans
l'après-midi, je vais me balader un peu dans la ville. Il y a des voitures
partout dans les rues. C’est un week-end prolongé, les guatémaltèques sortent. Il
y a trop de monde, je prendrai des photos plutôt demain. Le soir, beaucoup de
gens rentrent sur Guatemala City. Il y a des bouchons partout. Je vais près du
marché pour acheter une carte sim locale pour mon mobile et un adaptateur de
prise de courant. Ici, ils fonctionnent avec des prises à fiches plates, à
l’américaine. Il y a quelques touristes étrangers mais ils sont noyés dans la
masse. Il parait qu’un grand nombre d’étudiants américains viennent ici pour
apprendre l’espagnol. Je dîne dans un petit resto sympa des excellents tacos et
une bonne bière Lorsque la nuit tombe, il commence à faire frais. Antigua se
trouve à 1500 mètres d'altitude. Ce qui fait qu'il fait bon dans la journée et
froid la nuit. Je rentre me coucher.
C’est reparti pour un nouveau grand voyage. Au début, je
voulais partir trois ou quatre mois, jusqu’à la fin de l’année, histoire de
bien en profiter. J’avais tout le temps nécessaire puisque je venais de
démissionner fin juillet de mon dernier boulot. Mais voilà, entretemps, j’ai
trouvé plus vite que prévu un nouveau job qui doit commencer début octobre. Ça
me laisse tout de même sept semaines de balade. On ne va pas se plaindre. Comme
je ne connaissais pas encore l'Amérique centrale, j’ai choisi d’aller visiter
les pays qui constituaient le territoire des mayas, c'est à dire le Guatemala,
le Belize, le Yucatan et la région des Chiapas au Mexique. J’ai donc pris un
billet d’avion aller-retour pour Guatemala City. Je ne sais pas encore dans
quel sens je vais tourner mais l’idée est de faire une boucle en parcourant le
plus de sites archéologiques mayas possibles. J’ai parcouru vite fait le
Routard, histoire de ne pas rater les endroits sympas. Je pense que je vais battre
le record de sac le plus léger de mes voyages. Comme il va faire chaud, pas
besoin de m'encombrer. Au besoin, j'achèterai sur place. Finalement, c'est
encore mon matériel photo qui sera le plus lourd. Mais là, il n'y a pas de
compromis possible. Le passage pour les démarches à l'aéroport est de plus en
plus rapide. Maintenant, on télécharge sa carte d'embarquement sur son
smartphone par internet et le tour est joué. Comme je n'ai qu'un petit sac et rien
en soute, ça va très vite. L'avion passe au-dessus du Groenland et Grand Nord
canadien. On aperçoit bien les immenses lacs et les immenses prairies vertes à
perte de vue. Je m'attendais à voir de la neige au sol mais non. Le vol se
passe sans problème. Arrivé à Atlanta, c'est le gros foutoir devant les
formalités de police pour les étrangers. Une queue incroyable qui n’avance pas
et trois heures d’attente. Incroyable, je n'avais jamais vu ça. Je ne comprends
pas la nécessité de passer la douane si je ne suis qu’en transit ? Je
demande plusieurs fois à un planton qui me fait signe qu’il faut faire la queue
comme tout le monde. Ca n’avance pas. Les policiers font la grève du zèle ou
quoi ? Bien entendu, ça m’a fait rater ma correspondance et mon vol pour
le Guatemala. Au comptoir de la compagnie, on me donne un nouveau billet pour
demain matin. Comme ils estiment que c'est le gouvernement qui est responsable
du retard, ils ne veulent pas prendre en charge l'hôtel pour la nuit. 14 heures
à attendre dans l’aéroport. Je ne vais pas rester coincé là. Je sors donc de
l'aéroport et vais trouver un hôtel pas trop loin. C'est bien organisé, il y a
des navettes gratuites pour chaque hôtel. J'en prends une au hasard. L'hôtel
que j’ai choisi au hasard est rempli de noirs. J'ai l'impression que je suis le
seul blanc. C'est cocasse. Je retrouve les larges lits à l'Américaine. On
pourrait coucher à 4 dedans. Il n’y a pas grand-chose à voir aux alentours.
C’est une zone d’aéroport sans intérêt. Cette mésaventure ne me réconciliera
pas avec les amerloques.