Retour au Guatemala
Aujourd'hui, ça va être la course. Je veux me rendre Todos
Santos, un petit village de montagne au Guatemala, pas très loin de la
frontière mexicaine. Il paraît que c'est un joli coin. Je prends d'abord un
petit déjeuner sur la terrasse de mon petit resto sur la place principale de
Comitán. Puis je vais à pieds rejoindre la panaméricaine qui traverse la ville.
De là, je chope un collectivo qui m'emmène jusqu'à la frontière en deux heures.
La route est plutôt jolie. Il y a de beaux panoramas. Au loin, on aperçoit des
montagnes un peu plus hautes que les autres. C'est le Guatemala. Le collectivo
me dépose au poste de frontière mexicain. Pour viser mon passeport, la
douanière me réclame une taxe soi-disante obligatoire de 500 pesos. Ça sent
l'arnaque à plein tube. Elle me fait bien comprendre que c'est ça où je ne
passe pas. Comme je suis seul, impossible de vérifier si les autres sont à la
même enseigne. Je râle un peu puis m'exécute. De toute manière, je n'ai pas vraiment
le choix. Ce n’est vraiment pas clair cette histoire. Contre un billet de 500,
elle tamponne enfin mon passeport. Pour la faire chier, je lui réclame un reçu.
“Y a pas de reçu !”. Ben voyons. Ça m'énerve mais c'est comme ça. Une fois
sorti de ce nid de crabes, je prends un taxi collectif qui m'emmène à cinq
kilomètres jusqu'au poste guatémaltèque, au village de La Mercia. C'est un vrai
souk ici. Des boutiques partout entre les deux frontières qui vendent de tout.
Ça doit être des articles détaxés. Il y a un monde dingue qui vient faire ses
courses. Le taxi a parfois du mal à passer. Je change mes derniers pesos
mexicains contre des quetzales à un petit vieux qui fait du change au black. Je
recompte ses billets et lui les miens. C'est bon, le compte y est. Je fais
tamponner mon passeport à la police guatémaltèque. Là, pas de problème. Et avec
le sourire de bienvenue en plus. Puis, je prends un tuk-tuk pour me rendre à la
gare routière qui se trouve un kilomètre plus loin. Ce sont des vieux bus
colorés mais qui ont l'air costauds. Les passagers sont des locaux du coin. Il
faut deux heures pour nous rendre à Huehuetenango, la ville la plus proche. La
route est magnifique. Elle passe entre les montagnes, dans des gorges
spectaculaires. Elle est étroite et le croisement avec les camions et les
dépassements sont assez flippants. Il faut serrer les fesses ou faire comme
moi, regarder le paysage. Arrivé à la gare routière de Huehuetenango, c'est le
gros bordel. Il faut trouver son bus. Mais les gens sont très gentils. Ils
m'indiquent un petit bus tout déglingué qui va à Todos Santos dans une demi-heure.
Finalement, tout se sera plutôt pas mal enchaîné. La route sinueuse monte pour
atteindre un col à plus de 3 000 mètres d’altitude. Elle est superbe.
Malheureusement, il y a beaucoup de nuages et même parfois de la pluie. Au bout
d'une bonne heure de grimpette, nous atteignons l'Altiplano, les plaines
d'altitude. Il n'y a presque plus d’arbres. Un paysage andin. Nous redescendons
enfin vers Todos Santos, situé à 2 500 mètres d’altitude. Le village est noyé
dans les nuages. Il fait froid et humide. Beurk ! Un vrai village de montagne.
Ici, vivent les indiens Mams, de la famille des mayas. Ils parlent leur propre
langue. Je ne comprends absolument rien. Mais elle sonne plutôt bien.
Heureusement, il y en a beaucoup qui parle aussi l’espagnol. On arrive à se
comprendre. Je trouve un hôtel à peu près passable. Il y a au moins trois
couvertures sur les lits. Ça promet. Et effectivement, lorsque que la nuit
tombe, ça caille vraiment. Je me change pour m’habiller plus chaudement, puis
vais manger une part de pizza dans un petit boui-boui. Je commençais à avoir
sérieusement faim. Il fait gris et la pluie commence à tomber. Je vais me
réfugier dans ma chambre. Je visiterai le coin demain en espérant qu'il fera
meilleur. Cette nuit, je vais garder mon pull et mes chaussettes pour dormir, c'est
plus prudent...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire