Livingston
Il a
plu toute la nuit. Et de la grosse pluie bien tropicale. Cet hôtel est
extraordinaire. On retourne cent ans en arrière. Comme si rien n'avait changé
depuis. Même la salle à manger est d'origine. Le serveur est un vieux noir tout
droit sorti d'un vieux film. Je prends quelques photos de l'endroit pour m'en
souvenir puis je vais à pieds à l‘embarcadère des lanchas. C'est comme ça
qu'ils appellent les petits bateaux à moteur ici. Il y en a une qui est sur le
départ juste quand j'arrive. Décidément, j'ai beaucoup de chance. La traversée
jusqu'à Livingston ne dure que trente petites minutes. Faut dire qu'ils sont
équipés de sacrés moteurs. C'est sympa d’arriver par la mer. Livingston est un
petit bled paumé. On n’y accède que par bateau. Il n'y a pas de route, les gens
n'en veulent pas. Il est principalement peuplé de garifunas, des anciens
esclaves noirs venus se réfugier ici. Au débarquement, il y a les inévitables
rabatteurs qui tentent de nous diriger vers certains hôtels qui les rémunèrent
au passage, à notre détriment bien entendu. J'arrive à m'en débarrasser assez
facilement. Après la visite de deux ou trois hôtels, j’en trouve un très sympa
et bon marché avec une vue sur la mer. Devant moi, la baie. Il ne manque plus
que les vaisseaux de pirates. Je vais faire un petit tour dans le bourg. Il n'y
a pas grand-chose à voir, juste une ambiance typiquement caraïbe et
nonchalante. J'achète une chemise à manches courtes. Il n'y a que ça que je
supporte ici. Puis je vais manger une langouste sur la terrasse du resto du
port. Un vrai délice. Je rencontre un type qui me propose de louer sa barque
pour la journée de demain. C'est relativement cher mais je me dis que ça vaut
sans doute le coup. Mais plus tard, à l'hôtel, on me propose de me greffer sur
un groupe de cinq canadiennes. C'est beaucoup plus économique. Il fait chaud et
très humide. Je dois prendre plusieurs douches par jour. Il parait qu'il y a
aujourd'hui une éclipse solaire aux États-Unis. Ici, on ne voit rien. Sauf à la
télé comme tout le monde.
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