Comme d'habitude, ça fait tout drôle de repartir du même
endroit d'où on est arrivé il y a déjà un mois et demi. J’en ai vu des belles
choses, et j'en ai parcouru des kilomètres. Un voyage finalement sans histoire.
Pas de vol, pas de maladie, pas de problème quoi. Et toujours de la chance dans
les transports. Presque trop facile. On ne va pas se plaindre non plus.
Ce matin, il ne pleut pas. J'en profite pour me promener sur
la plage. Il n'y a quasiment personne à part quelques pêcheurs. Je vais prendre
mon petit déjeuner dans le seul resto ouvert sur la plage. J'y retrouve mes
deux espagnols. L'endroit est reposant. J'y reste une bonne partie de la
matinée. Je profite des bons moments avant le retour. Mon minibus ne part qu'à
16 heures. J'ai le temps de glander. Vers midi, en rentrant à mon hôtel, on
m'apprend que le shuttle que je devais prendre ne viendra finalement pas. Il y
a soi-disant trop d'eau sur la route. Bizarre comme explication. C'est un peu
la panique car je dois impérativement rentrer à Antigua ce soir si je ne veux
pas rater mon avion de demain. Heureusement, il y a paraît-il un bus public qui
va à Antigua et qui part à 13 heures. Ça me laisse une demi-heure pour faire
mon sac. J'attends à l'arrêt de bus et à 13h30, toujours rien. Ça commence à
devenir inquiétant. Je commence à flipper un peu et envisage sérieusement une
solution de repli en taxi. Mais un passant me dit que j'ai dû mal comprendre.
Le bus part à 3 heures et non 13 heures. En espagnol, ça se prononce presque
pareil. “A las tres” au lieu de “a las trece”. Ouf, j'espère que c'est sûr
cette fois. J'ai donc le temps d’aller déjeuner dans mon resto sur la plage. Je
commande un poisson à la vapeur mais ça prend un temps fou. J'ai à peine un
quart d'heure pour l'avaler. Par contre, il faut reconnaître qu'il est
délicieux. A 15 heures, le bus est bien là, garé devant l'arrêt. Ouf ! Je
vais enfin pouvoir partir. Comme c'est un bus public, il s'arrête tout le temps
et nous mettons plus de trois heures pour rejoindre Antigua. Mais, à 18 heures,
j'y suis, c'est le principal. Je réserve dans une petite agence un minibus pour
demain 9 heures, pour me rendre à l'aéroport. Puis, je retourne à mon hôtel habituel.
Finalement, tout s'est bien passé mais j'ai quand même eu des sueurs froides.
Ce matin, il pleut. Je vais attendre une éclaircie pour
aller faire la balade dans les mangroves. Les nuages se dégagent vers 9 heures.
Je prends mon petit déjeuner dans un boui-boui de la rue principale. Là, un
guide me propose d'accompagner deux touristes espagnols pour faire un tour dans
les mangroves pour la moitié du prix que me proposait le vieux d'hier. Banco.
En plus, les deux jeunes sont très sympas. Lui est catalan et elle polonaise.
Ils se sont rencontrés grâce à Erasmus. Cela fait un an et demi qu'ils voyagent
ensemble. Le guide nous emmène en barque le long du rio. C'est plus sympa que
les lanchas qui sont plus bruyantes. Pour photographier les oiseaux, c'est
mieux. Le soleil réapparaît. Nous avons de la chance. La balade dure environ
deux heures. C'était plutôt chouette. Retour à l'embarcadère, puis nous allons
déjeuner ensemble avec les deux routards. On discute sur le référendum catalan
prévu la semaine prochaine. Petite sieste près de la piscine. Je vais acheter
des cartouches de cigarettes. Elles ne sont vraiment pas chères. J'avais décidé
d'arrêter de fumer, c'est raté. Je vais diminuer. Le soir, je vais dîner dans
le village. J'ai l'impression que je suis le seul touriste. C'est mort de chez
mort.
Le minibus vient me chercher à 8 heures comme prévu. Nous
descendons directement sur la côte en passant pas Escuintla. La route paraît
belle mais le ciel est couvert de nuages, et il pleut. Plus on s'approche de la
côte, plus les routes sont inondées. Il paraît que ça fait six jours qu'il
n'arrête pas de pleuvoir. Monterrico est un petit village très agréable au bord
de l’océan. D'ordinaire, il y a beaucoup de monde mais vu la météo, j'ai
l'impression d'être le seul touriste. Je cherche un hôtel. Il y a une grande
différence de prix entre les hôtels avec vue sur la mer et ceux plus en
retrait. Je fini par en trouver un pas mal du tout avec une grande piscine pour
un prix dérisoire. Huit euros la nuit et la piscine comprise bien sûr. La
première mission est de trouver un couturier qui pourra me réparer les sangles
de mon sac à dos qui sont en train de lâcher de nouveau, mais pas au même
endroit. Les réparations vont finir par me coûter plus cher que le sac. Une petite
couturière veut bien me faire ça pour cet après-midi. Je vais faire un tour sur
la plage. Pour moi, le Pacifique a un côté envoûtant. J'ai l'impression que
c'est le bout du monde. Le sable est noir, volcanique. C'est étonnant, il n'y a
aucun coquillage. L'eau est très chaude. Il doit y avoir un courant chaud par ici.
Je me rappelle qu'au Pérou, on ne pouvait pas se baigner tellement elle était
froide. Cette balade m'a ouvert l'appétit. Je vais déjeuner un ceviche dans un
petit restaurant en ville. Bizarrement, je n'ai pas trouvé de resto au bord de
la mer. Puis je retourne à l'hôtel me baigner dans la piscine. Elle est pour
moi tout seul. Que du bonheur. Vers 5 heures, je vais récupérer mon sac, tirer
un peu d'argent et faire un tour près de l’embarcadère des pirogues. On me
propose d'aller me balader demain dans les mangroves. Pourquoi pas, c'est une
bonne idée. Vers 18 heures, il faut se cloîtrer dans nos chambres car les
moustiques attaquent. Et ici, ils sont voraces. De vrais vampires, suceurs de
sang.
Tout a une fin, il faut rentrer. Ce fut trois jours bien
reposants. Il y a un collectivo qui part à 14 heures directement à Antigua. Je
vais réserver une place. En attendant, je profite de l'hôtel pour moi tout
seul. Il y a des chaises longues sur la terrasse devant le lac. On se sent comme
un milliardaire en vacances. Je déjeune à l'hôtel puis prends un tuk-tuk qui
m'emmène au village d'à côté pour récupérer un collectivo. On n’est que 4 dans
le minibus. On met un peu plus de trois heures pour nous rendre à Antigua.
Pourtant, ce n'est pas si loin que ça. Mais la piste qui grimpe au début n'est
vraiment pas bonne, et puis nous avons eu quelques bouchons. Je discute un peu
avec le jeune chauffeur. Il a 23 ans, deux enfants, habite San Pedro et fait le
trajet aller-retour tous les jours. Je retrouve mon hôtel, la Casa de Los
Arcos, mais sous la pluie cette fois-ci. Ça change un peu l'ambiance. La
vieille dame est toujours là. Je crois même qu'elle m'a reconnu. Je vais vite
en ville pour réserver un billet de minibus pour partir demain à Monterrico,
sur l'océan Pacifique. Car il n'est pas question que je reparte sans voir le
Pacifique.
Il a encore plu toute la nuit. Je crois aussi que les chiens
ont gueulé plusieurs fois. Finalement, je décide de rester une journée de plus
ici. De toute manière, le dimanche, tout est plus ou moins arrêté. Il y a un
peu plus de monde à l'hôtel aujourd'hui. Des jeunes qui viennent passer le week-end.
Cette fois-ci, je vais aller me promener de l’autre coté. Il y a beaucoup moins
de monde sur la piste car c'est un cul de sac. Juste un tuk-tuk de temps en
temps. Je vais jusqu'au petit village de Tzununa. Difficile de communiquer avec
les gens. Peu parlent pas l’espagnol. Je sirote une bière dans un boui-boui
puis je rentre par la même route. A peine rentré à l'hôtel, la pluie
dégringole. Je déjeune au restaurant de l'hôtel. Un immense hamburger. Pas
mauvais mais j’ai mal au ventre pendant la sieste. Ou sans doute est-ce le jus
de papaye qui n'était pas frais ? Enfin, ça passe vite, tant mieux. Il pleut
presque toute l'après-midi. A côté de l'hôtel, il y a un terrain de foot et la
pluie ne perturbe pas les joueurs apparemment. Les touristes du week-end s'en
vont et je reste le seul client dans l'hôtel. Il est pour moi tout seul. Les
serveuses sont très pros mais on ne peut pas dire qu'elles soient sympas. Elles
font leur boulot, pas plus. Les affaires que j'ai lavées hier n'ont toujours
pas séchées.
Il a plu quasiment toute la nuit. La pluie qui tombe sur la
tôle a fait un vacarme pas possible. Aujourd'hui, je veux visiter la région
mais si possible à pieds. Je sais qu'il y a une route qui longe le lac et qui
va jusqu'à San Pedro. On me dit que c'est loin et qu'il vaut mieux y aller en
lancha. Mais moi, je préfère marcher. Dix kilomètres, ce n'est pas non plus le
bout du monde. En plus, la route est plutôt jolie et ça me permet de rencontrer
du monde et de discuter un peu, bien que les gens du coin ne soient pas très
bavards. Mais en tout cas, ils sont sympas. Je discute avec une petite famille
de paysans qui rentre du champ. Je fais la morale à la petite fille qui ne veut
pas aller à l'école. Le problème de cette route, c'est qu'elle est envahie de
tuk-tuks. Ils sont bruyants et polluant. Il en passe un toutes les deux
minutes. Et puis, il y a aussi quelques camions qui ravitaillent les villages.
Bref, elle est relativement passante. C'est plus une piste défoncée en fait.
Mais les paysages sont magnifiques. Je traverse plusieurs villages plus ou
moins animés. Je m'arrête boire une bière sur la terrasse du petit boui-boui.
Puis, j'arrive en début d'après-midi à San Pedro. Un village assez important
mais sans grand charme. Il y a pas mal d'hôtels et de restaurants. J'en profite
pour déjeuner. La patronne me prépare un asado pour pas trop cher. Je me
régale. Je reste là un moment à contempler le lac puis, retour à San Marcos en
bateau. A peine arrivé, l'orage gronde et la pluie tombe. Je profite des bons
fauteuils de l’hôtel pour me reposer de la belle balade.
Tout le monde m'a dit que le lac Atitlàn était l'endroit du
Guatemala à ne manquer sous aucun prétexte. C'est ce que nous allons voir. Je
quitte mon hôtel vers 9 heures. Ce n'est pas le meilleur hôtel que j'ai pris
mais les hôteliers sont plutôt sympas. Je prends un bus de ville pour aller au
terminal. Ça m’a couté à peine un peso. En fait, il n’allait pas directement à
la gare routière. Il me dépose quelque part en me disant que c'est par là. Il
faut que je me débrouille. En demandant mon chemin et en traversant un marché
grouillant de monde, je retrouve la gare. Un bus part justement pour
Panajachel. Décidément, je n'aurai jamais attendu un bus plus de cinq minutes durant
tout mon voyage. Le trajet dure deux heures et demi. La route qui descend sur
le lac et magnifique. Panajachel est très touristique. Je ne vais pas rester
dans ce bled. Je fais un tour à l'office du tourisme qui me donne plein d'infos
intéressantes. Il me conseille d'aller dormir à San Marcos, un petit village du
lac à une vingtaine de minutes environ en bateau. Il paraît que là-bas, c'est
plus tranquille et plus reposant. Sur le chemin, je m'arrête chez un petit
couturier pour qu'il me recouse les sangles de mon sac à dos qui sont en train
de lâcher. J'ai maintenant un sac solide. Je passe au distributeur retirer de
l'argent, puis vais déjeuner dans un petit restaurant situé au bord du lac. Ce
n’est pas mauvais, sans plus. J'ai le droit à un défilé de vendeurs. Des
Indiens du coin qui proposent leurs tissus. Ils arrivent à me vendre deux nappes
plutôt jolies et fait main, bien sûr. Comme ils sont sympas et malins, ça m'a
fait plaisir de craquer. Une fois fini de déjeuner, je me dirige vers
l'embarcadère des bateaux. Le lac est vraiment joli. Mais c’est couvert, il y a
beaucoup de nuages. Ce sera plus chouette demain. Arrivé à San Marcos je
cherche un hôtel. Il y en a pas mal, mais la plupart sordides, pour les
routards et les hippies. Je vais voir à tout hasard dans un hôtel chic au bord
du lac. Ils ont des chambres assez chères avec vue sur le lac mais me ils font
un prix pour une belle chambre à l'arrière. L'endroit est calme et reposant. Je
peux profiter de la belle terrasse sur le lac. Le soir, la pluie tombe. On me
prépare une bonne petite soupe.
Quetzaltenango est la deuxième ville du pays. Elle n'est pas
vraiment jolie mais elle a l'air agréable à vivre. Elle est entourée de
montagnes et de volcans. C'est ce qui fait son charme. Ce matin je vais aller
visiter la ville. En passant par la place principale, je m'aperçois que des
étudiants sont en train de faire des préparatifs pour une fête. Au sol, ils
font des décorations avec du sable de couleur. C'est superbe. Ca doit mettre un
temps fou pour faire ça. Il paraît que c'est la fête de la patronne de la
ville, sainte « je ne sais pas quoi ». Je grimpe sur la colline d'en
face pour avoir un panorama sur la ville. Il fait beau et le soleil est dans le
bon sens, c'est magnifique. Là-haut, il y a un petit restaurant avec une
terrasse avec une vue sur toute la ville. J'y prends un café. Je pourrai rester
là des heures entières à contempler le paysage. Puis je redescends sur la
place. La fête a commencé. Il y a des fanfares, des pétards et un monde fou.
Entre temps, je vais visiter le petit musée. Rien de très intéressant mais
marrant. Je retourne à la fête. Pétards à gogo. Ça claque de partout. Moi qui
n'aime pas ça, je suis servi. Il y a aussi une procession de la Vierge. A son
passage, tous les smartphones sont braqués sur elle. Chaque collège défile au
son des fanfares. Certains marchent au pas de l'oie. Ça fait un peu froid dans
le dos. En plus, ils massacrent toutes les décorations au sol. Les chameaux !
La fenêtre de ma chambre donne sur une ruelle. Elle est
piétonne et silencieuse. Mais les chiens s'en sont donnés à cœur joie pour
aboyer toute la nuit. Et puis il a fait froid. Bref, petite nuit. Ce matin, il
fait beau. Il y a un ciel bleu. Mais je sens que ça ne va pas durer. Je vais
donc me promener dans le village. Je monte d'abord pour avoir une vue
d'ensemble sur la vallée. Je tombe sur un petit site archéologique. L'endroit
est agréable mais on ne voit pas grand-chose. Juste quelques monticules de
terre. Je redescends jusqu'au centre. Je prends un petit déjeuner très simple
dans la boulangerie. C'est très local. Puis, je vais faire un tour dans le
marché. Ce sont essentiellement des indiens qui vendent leurs produits.
L'accueil est chaleureux mais sans plus. J'arrive à prendre discrètement
quelques photos des gens. Je sais qu'ici, il faut faire attention. Ils n'aiment
pas trop ça. Les hommes sont tous habillés de la même façon. Des espèces de
pantalons rayés plutôt marrants. Je m'aperçois que sans véhicule pour visiter
la région je vais vite m'ennuyer ici. Je décide donc de repartir à midi. En
plus, les nuages reviennent doucement. Et sous la pluie, ici, il n'y a pas grand-chose
à foutre. Je retourne à l'hôtel faire mon sac. Je vais aller à Quetzaletenango.
Je ne suis pas sûr qu'il y ait grand-chose à voir mais ça me changera. Je
prends donc un petit bus à midi pour retourner à Huehuetenango. La route est
vraiment très jolie et cette fois-ci, elle descend. Nous mettons une demi-heure
de moins qu'à l'aller. A peine arriver à la gare routière, j'ai à peine le
temps de ranger mon sac qu'un autre bus part pour Quetzaltenango. Je le prends.
Je suis juste derrière le chauffeur. Il passe son temps au téléphone. Gonflé le
mec. Avec tous ces virages, c'est dangereux. Très belle route aussi mais l'inconvénient
de ces bus, c'est qu'on ne voit pas grand-chose à travers les fenêtres. La gare
routière de Quetzaltenango est loin du centre historique. Je dois prendre un
taxi qui m'arnaque un peu sur le prix. Je tourne un peu avant de trouver un
hôtel correct et pas trop cher. Le soir, comme j'ai faim, je vais dîner dans un
bon resto indien. Une fois n'est pas coutume. Nous sommes à 2 300 mètres
d'altitude. Il fait froid et la pluie tombe aussi. Je me couche tôt.
Aujourd'hui, ça va être la course. Je veux me rendre Todos
Santos, un petit village de montagne au Guatemala, pas très loin de la
frontière mexicaine. Il paraît que c'est un joli coin. Je prends d'abord un
petit déjeuner sur la terrasse de mon petit resto sur la place principale de
Comitán. Puis je vais à pieds rejoindre la panaméricaine qui traverse la ville.
De là, je chope un collectivo qui m'emmène jusqu'à la frontière en deux heures.
La route est plutôt jolie. Il y a de beaux panoramas. Au loin, on aperçoit des
montagnes un peu plus hautes que les autres. C'est le Guatemala. Le collectivo
me dépose au poste de frontière mexicain. Pour viser mon passeport, la
douanière me réclame une taxe soi-disante obligatoire de 500 pesos. Ça sent
l'arnaque à plein tube. Elle me fait bien comprendre que c'est ça où je ne
passe pas. Comme je suis seul, impossible de vérifier si les autres sont à la
même enseigne. Je râle un peu puis m'exécute. De toute manière, je n'ai pas vraiment
le choix. Ce n’est vraiment pas clair cette histoire. Contre un billet de 500,
elle tamponne enfin mon passeport. Pour la faire chier, je lui réclame un reçu.
“Y a pas de reçu !”. Ben voyons. Ça m'énerve mais c'est comme ça. Une fois
sorti de ce nid de crabes, je prends un taxi collectif qui m'emmène à cinq
kilomètres jusqu'au poste guatémaltèque, au village de La Mercia. C'est un vrai
souk ici. Des boutiques partout entre les deux frontières qui vendent de tout.
Ça doit être des articles détaxés. Il y a un monde dingue qui vient faire ses
courses. Le taxi a parfois du mal à passer. Je change mes derniers pesos
mexicains contre des quetzales à un petit vieux qui fait du change au black. Je
recompte ses billets et lui les miens. C'est bon, le compte y est. Je fais
tamponner mon passeport à la police guatémaltèque. Là, pas de problème. Et avec
le sourire de bienvenue en plus. Puis, je prends un tuk-tuk pour me rendre à la
gare routière qui se trouve un kilomètre plus loin. Ce sont des vieux bus
colorés mais qui ont l'air costauds. Les passagers sont des locaux du coin. Il
faut deux heures pour nous rendre à Huehuetenango, la ville la plus proche. La
route est magnifique. Elle passe entre les montagnes, dans des gorges
spectaculaires. Elle est étroite et le croisement avec les camions et les
dépassements sont assez flippants. Il faut serrer les fesses ou faire comme
moi, regarder le paysage. Arrivé à la gare routière de Huehuetenango, c'est le
gros bordel. Il faut trouver son bus. Mais les gens sont très gentils. Ils
m'indiquent un petit bus tout déglingué qui va à Todos Santos dans une demi-heure.
Finalement, tout se sera plutôt pas mal enchaîné. La route sinueuse monte pour
atteindre un col à plus de 3 000 mètres d’altitude. Elle est superbe.
Malheureusement, il y a beaucoup de nuages et même parfois de la pluie. Au bout
d'une bonne heure de grimpette, nous atteignons l'Altiplano, les plaines
d'altitude. Il n'y a presque plus d’arbres. Un paysage andin. Nous redescendons
enfin vers Todos Santos, situé à 2 500 mètres d’altitude. Le village est noyé
dans les nuages. Il fait froid et humide. Beurk ! Un vrai village de montagne.
Ici, vivent les indiens Mams, de la famille des mayas. Ils parlent leur propre
langue. Je ne comprends absolument rien. Mais elle sonne plutôt bien.
Heureusement, il y en a beaucoup qui parle aussi l’espagnol. On arrive à se
comprendre. Je trouve un hôtel à peu près passable. Il y a au moins trois
couvertures sur les lits. Ça promet. Et effectivement, lorsque que la nuit
tombe, ça caille vraiment. Je me change pour m’habiller plus chaudement, puis
vais manger une part de pizza dans un petit boui-boui. Je commençais à avoir
sérieusement faim. Il fait gris et la pluie commence à tomber. Je vais me
réfugier dans ma chambre. Je visiterai le coin demain en espérant qu'il fera
meilleur. Cette nuit, je vais garder mon pull et mes chaussettes pour dormir, c'est
plus prudent...
Il est temps que je retourne au Guatemala. Comitán est sur
la route et il paraît que ça vaut le coup de s’y arrêter. Cette fois-ci, je
prends un bus à la gare routière. Nous sommes que trois à l’intérieur. Ça ne
doit pas être très rentable. Il doit y avoir une sacrée concurrence avec les
collectivos qui sont au même prix mais plus rapides. Mais comme je suis devant,
j'ai droit à une superbe vue sur le paysage. Des petites montagnes arborisées
et des vallées où l'on cultive le maïs. Nous redescendons à 1 600 mètres d'altitude.
Il fait moins froid. La gare routière est à l'autre bout de la ville.
Heureusement, une dame m'indique le petit bus à prendre pour regagner le centre-ville.
Je cherche un hôtel. Après plusieurs tentatives, je m'installe dans un qui
donne sur la place centrale. Il n'est pas de toute première fraîcheur mais bien
situé. Il a une superbe terrasse qui donne sur les toits et qui a un joli
panorama. Puis, je vais me balader en ville. Rien d'extraordinaire. Pas de
gringos, juste des mexicains. La place centrale est plutôt animée. Je déjeune
sur la terrasse d'un resto. Sympa. Le soir, je vais dîner une soupe dans le
même resto. Il y a des mariachis qui jouent et chantent pour les clients. C'est
marrant.
La température a sacrément chuté cette nuit. Heureusement
qu'il y avait des couvertures sur le lit. Le temps est nuageux ce matin. Comme
c'est dimanche, j'en profite pour faire une grâce matinée. Puis je vais me
balader pour visiter la ville. Je monte une colline où il y a une église qui
surplombe la ville. Mais je suis un peu déçu par la vue qui est cachée par les
arbres. Je déambule au hasard. Il y a beaucoup moins monde qu'hier.
Heureusement, il y a de belles éclaircies. Je monte sur une autre colline où
flotte un immense drapeau mexicain. Pas de beau panorama non plus. Puis je redescends
au musée de l’ambre. C'est intéressant. Il se trouve dans un vieux couvent qui
a été retapé par les gens du coin et transformé en musée. On y voit des bijoux
et des échantillons d’ambre où sont enfermés des moustiques qui ont plus d'un
million d'années. Ça me rappelle un film. Je retourne déjeuner dans le bon resto
d'hier. Toujours aussi bon mais pas il n’ y a pas grand monde. On est vraiment
en saison basse. Je profite de l'après-midi pour glander un peu dans la chambre
et profiter de la terrasse qui a une vue magnifique sur les toits de la ville.
Hormis quelques pétards et feux d'artifices pour fêter
l'indépendance, j'ai beaucoup mieux dormi que la nuit dernière. Il y a plein de
cavaliers en costume traditionnel qui passent dans la rue juste en bas de ma
fenêtre. Je prends mon petit déjeuner puis vais à pied jusqu’à l’arrêt des bus.
Un taxi me propose de m'emmener à San Cristobal pour à peine plus cher que le
collectivo. Le problème, c'est qu'il faut trouver trois autres personnes pour
remplir la voiture. La voiture est quasiment neuve d'ailleurs. Je vais tout de
même voir à la station des collectivos mais ils n'ont des places qu'à
l'arrière. Et je n’ai pas trop envie de me retaper la route sinueuse derrière.
Je retourne donc voir mon taxi et j'attends une bonne demi-heure qu'ils
trouvent enfin trois passagers. Je m'installe devant à côté du chauffeur. Je
pourrai ainsi contempler la route. Une magnifique route de montagne. Sinueuse
mais belle. C'est impressionnant le nombre de ralentisseurs qu'il y a. Au moins
un tous les 500 mètres. C'est assez pénible à la longue. Mais au moins ça
empêche le chauffeur de rouler trop vite. Le nôtre est tout jeune d'ailleurs.
Je me demande même s'il est majeur tant il parait gamin. En tout cas il conduit
bien et connaît bien la route. Donc, pas d'inquiétude. Nous avons quitté la
jungle pour la forêt. Des grands arbres. Un paysage de montagne. Le trajet dure
une heure et demi. San Cristobal est une grande ville à deux mille mètres
d'altitude entourée de montagne. Elle ressemble beaucoup à Antigua au
Guatemala. Le centre-ville a gardé son caractère colonial. Il y a pas mal de
touristes et aussi beaucoup d'Indiens de la région qui viennent vendre leur
production. Ça fait un mélange étonnant. Je fais la tournée des hôtels. Il y a
de tout. Des luxueux, des minables, des sans vue. J'en trouve un pas trop mal
avec une fenêtre qui donne sur les toits de la ville. Sympa. Comme il n'y a pas
grand monde à cette saison, j'obtiens un bon prix. Je me change car je suis
vraiment crade. Puis je vais déjeuner dans un très bon resto à côté. On me sert
un piment farci délicieux. Je vais faire un petit tour en ville mais je réserve
les photos pour demain. Lorsque la nuit tombe la température baisse
sérieusement. Il fait à peine 12 degrés. Cela doit faire un mois que je n'ai pas
eu froid comme ça. Il y a des éclairs partout tout autour de nous derrière les
montagnes toutes les secondes environ. C'est assez impressionnant. Un vrai feu
d’artifice.
J'ai passé une nuit pas terrible. D'abord il y a eu un chien
qui a aboyé toute la nuit et puis tôt le matin, les ouvriers du chantier d'à
côté qui ont recommencé à faire du barrouf. Bref, je décide de changer d'hôtel.
J'en trouve un autre un peu plus loin, l'hôtel Maya, qui m'a l'air mieux tenu.
Je trouve une chambre en étage avec une vue sur la ville et les montagnes
avoisinantes. Dommage de ne pas l'avoir repéré du premier coup celui-là. Je
m'installe et prends un petit déjeuner dans leur resto. Je veux aller faire un
tour à Tonina. C'est un site situé à 14 kilomètres qui est parait-il pas mal. La
patronne de l'hôtel me conseille d'y aller en taxi. Ça coûte un peu plus cher
mais c'est plus pratique. Soit. Le taxi en demande beaucoup plus que prévu mais
j'arrive à négocier un peu. En vingt minutes, j'arrive sur place. Magnifique
endroit avec des vues sur la vallée et les collines au loin. Des pâturages avec
des vaches et des chevaux. Les paysans ressemblent à des cowboys avec leur
chapeau. Le site est accroché à une colline. Il fait 80 mètres de haut. Le plus
haut site maya à ce qu'il paraît. L'entrée est gratuite car ils n'ont plus de
billets. On donne ce qu'on veut à la sortie. Un paysan du coin me propose de me
faire visiter le site pour pas cher. Pourquoi pas. En fait, il m'accompagne
mais c'est tout. Il me faut voir deux ou trois trucs mais il ne m'apprend pas grand-chose.
Il est quand même sympa. On monte jusqu'en haut de la pyramide, je lui file un
bifton et il me laisse tranquille prendre des photos. En redescendant, je
m'aperçois qu'il a oublié de me montrer un paquet de trucs. Je suis discrètement
les guides officiels pour voir les choses cachées. Apparemment, le site était
habité par un peuple belliqueux qui n'hésitait pas à décapiter leurs ennemis
mais aussi les vainqueurs de leur jeu, la pelote. Mais c'était un honneur de se
faire sacrifier pour les dieux. Des sortes de djihadistes mayas, des cons quoi.
De retour à l'entrée du parc, un jeune couple de mexicains me propose de me
ramener à Ocosingo. C'est sympa, j'accepte. Auparavant, je file un peu de
pognon au guichet du parc. Il parait que c’est pour la croix rouge. J’ai un doute ?
Le soir, il y a un bel orage sur la ville. De ma chambre, c'est magnifique.
Il a plu presque toute la nuit. Quel vacarme ! Il est tombé
une quantité pluie impressionnante. On comprend mieux pourquoi la végétation
est luxuriante ici. Ce matin, les cours d'eau ont doublé de volume. Mon bus
quitte la plaine du Yucatan pour grimper sur les montagnes du Chiapas. La route
est sinueuse. Je suis à l'arrière du collectivo. Parfois le mal au cœur me
gagne. Mais j'ai un truc imparable contre ça. Il suffit de regarder la route
droit devant en cherchant le point le plus éloigné, et ça marche à tous les
coups. Plus on monte, plus la végétation s'éclaircit. Et moins il fait chaud.
La route n'est pas en très bon état. Il y a souvent des nids de poules ou des
ralentisseurs. Nous mettons plus de deux et demi pour parcourir à peine 120
kilomètres. C'est long. D'autant plus qu'on est entassé et que j'ai mon sac sur
les genoux. J'ai du mal à bouger mes jambes. Ça fait du bien de revoir les
reliefs. Mais ça fait surtout du bien d'arriver à Ocosingo. Je trouve un hôtel
dans le centre-ville. Pas très propre mais pas cher, et les hôteliers sont
plutôt sympas. Je déjeune vite fait dans leur restaurant. Je vais faire un
petit tour sur la place du village. Pas grand-chose à voir mais c'est plutôt un
endroit agréable.
C'est vraiment sympa de dormir au milieu de la jungle. Heureusement
qu'il y a des moustiquaires aux fenêtres sinon je me ferais bouffer. Il y a
aussi les cris des singes hurleurs. Ils n'arrêtent pas. Il fait très humide.
Difficile de garder quelque chose au sec. Mon linge lavé hier soir ne sèche
pas. Comme j'ai bien dîné hier soir, les remontées d’acides m'ont empêché de
bien dormir. Ce soir, ce sera diète. Je vais au site archéologique assez tôt
pour éviter la foule. Il faut d'abord payer un droit d'entrée au parc puis une
nouvelle fois pour le site. Il fait beau et il n'y a pas grand monde finalement.
Comme je suis seul, j'évite de suivre les groupes. C'est un très joli site
relativement bien conservé. Mais une grande partie est encore sous la jungle.
La balade dans le parc est magnifique. C'est très propre, pas un papier par
terre. On commence la visite par le haut puis on redescend doucement pour
atteindre de jolies cascades et de belles rivières. Il faut faire attention car
les chemins sont bien glissants. La fin du parcours nous ramène à la route
goudronnée, puis au musée qui veut le coup d'œil. Je retourne à mon hôtel à
pieds. C'est à peine à trois kilomètres. Je déjeune au restaurant puis retrouve
ma chambre. L'après-midi, je profite de l'ambiance de la jungle. Je discute un
peu avec Marguarita, ma logeuse. Elle a 65 ans et vit la toute seule depuis
qu'elle est veuve. Elle vit 3 mois à Mexico et le reste du temps ici.
Je vais aller à Palenque. C'est à 350 kilomètres au sud,
dans la région du Chiapas, à 6 heures de bus. Les paysages sont monotones au
début, toujours plat entouré de jungle. Puis apparaissent quelques petites
collines verdoyantes avec des prairies, des vaches et des chevaux sur la fin.
Je n'ai trouvé qu'un bus en première classe, deux fois plus cher. Je ne vois
pas trop de différence avec la seconde classe ? Sans doute parce qu’il
fait-moins d'arrêts ? Arrivé à la gare routière de Palenque, je prends un
collectivo pour aller directement vers le site archéologique sans passer par la
ville. Il paraît qu'on y trouve des hébergements plus sympas qu'en ville. Les
premiers visités ne donnent pas envie. Des cabanes toutes pourries en bois pour
des jeunes drogués et fauchés. Je ne me sens plus l'âge de faire l’effort. Je
préfère payer plus mais avoir plus de confort. Finalement, je trouve une
chambre au rez de chaussée d'une maison en plein milieu de la jungle. On entend
plein de bruits d’oiseaux, de singes hurleurs et d’insectes. Je sens que ça va
être sympa. Je vais manger des pattes dans le restaurant d'à côté. J’ai faim, je
n'ai pas beaucoup mangé aujourd'hui. En ambiance Bob Marley et routard. Ça
rajeunit.
Aujourd'hui ça va être tranquille. Je passe la matinée à
déambuler dans les rues du centre-ville colonial. J'aime bien. Ça rappelle un
peu l'Andalousie. Les maisons sont peintes de couleur pastel. Ça donne un
certain charme. Je ne croise quasiment aucun touriste. Ça parait une ville assez
populaire. Il y a des petites boutiques, des bistrots. La vieille ville est
entourée de murailles qui ont été construites pour se protéger des pirates qui écumaient
la région à l'époque. Ça donne une ambiance particulière. Des tronçons de murs ont
été détruits pour retrouver un soi-disant trésor caché à l’intérieur. Il fait
très beau aujourd'hui. J'ai de la chance. Je vais faire un petit tour au marché
situé à l'extérieur de l'enceinte de la vieille ville puis retour à l'hôtel
pour se reposer un peu.
Allez, il est temps de repartir vers le sud. Sur la route du
Chiapas, il y a une ville qui s'appelle Campeche. Il paraît qu'elle vaut le coup.
Je vais aller y faire un tour. Apparemment, à Merida, le dimanche matin, ils
ferment la circulation du centre-ville pour les piétons et les vélos
uniquement. C'est sympa. Je me balade un peu. Je tombe sur un groupe de vélos
customisés en Harley. C’est marrant. Puis je me rends à pieds à la gare
routière. Je trouve un bus rapidement. La route est toujours aussi monotone. Ce
n'est pas au Yucatan que j'aurai vu les plus beaux paysages. La gare routière
de Campeche est assez éloignée du centre-ville, je prends donc un taxi pour m’y
conduire. Je visite un premier hôtel. Bof ! Puis un deuxième, un troisième, ...
J'ai l'impression que j'ai fait tous les hôtels du centre. Je fini par en
choisir un pas trop loin des murailles. Une ancienne maison coloniale reconverti
en hôtel. Relativement cher mais agréable. Il est déjà 15 heures. Je vais
déjeuner dans un restaurant familial mexicain. Bon et relativement économique.
Je vais découvrir la ville rapidement. Sur la place en face de l'hôtel, ils
démontent des estrades. Il a dû y avoir un spectacle récemment. Il y a un petit
air marin qui rafraîchit l'air. Pas besoin de mettre la clim pour dormir.
Je vais visiter ces deux sites en tour organisé. C'est un
peu plus cher que d'y aller tout seul mais tellement plus pratique.
L'inconvénient, c'est qu'il faut se taper le guide qui parle tout le temps en
espagnol et aussi en anglais. Ça devient vite insupportable. Nous commençons
par Kabah, un joli petit site maya. Il n'y a pas grand monde. Puis nous
revenons sur Uxmal, un site très bien conservé. Une pyramide gigantesque de
forme ovale. Le parc est très joli. Le temps se couvre et nous avons le droit à
une petite averse. Je m'arrête dans un petit temple qui donne refuge à des
centaines d'hirondelles. Heureusement, j'ai emporté un parapluie. Ça protège
mon sac et mon appareil photo. Il y a beaucoup plus de sculptures et de
hiéroglyphes que d'habitude. Et en relief en plus. Je suis loin d'être expert
mais c'est assez joli. Vers 15 heures, nous allons déjeuner dans un petit
restaurant au bord de la route. C'est bon mais sans plus. Ça remplit quoi. Nous
discutons en espagnol et en anglais à cause de deux jeune anglais qui ne
parlent pas un mot d'espagnol. Puis retour à Merida vers 17 heures.
J'ai appris qu'il y avait eu un tremblement de terre dans le
sud du Mexique. Je n'ai rien ressenti. Ou alors, j'ai bien dormi. Pourtant, il
paraît qu'il était violent. J'en saurais plus aux informations. Je n'ai même
pas eu le courage de profiter de la piscine. Dommage, pourtant ce n'est pas
l'envie qui m'a manqué. Je prends mon petit déjeuner à l'hôtel. C'est cher pour
ce que c'est. Puis je vais prendre mon bus pour Mérida. Trois heures de route.
On repasse par Chichen Itza. La route est toujours pareil. Entourée de jungles
tropicales. Pas grand-chose à voir. Arrivé à Mérida, je cherche un hôtel pas
trop cher. J'en trouve un de classe moyenne mais il a une piscine. Cette
fois-ci, j'en profite pour me baigner. Je me renseigne sur les excursions. Ils
proposent d'aller visiter deux sites Uxma et Kabah pendant toute la journée de
demain. Je pourrai y aller tout seul mais ça m'a l'air assez galère. Allez, une
petite visite en groupe de temps en temps ne me fera pas de mal.
Comme je fatigue un peu des sites mayas, j'ai décidé d'aller
à Rio Lagartos aujourd'hui. C'est un petit port de pêche qui se trouve au nord
du Yucatan, à environ cent kilomètres de Valladolid. Auparavant, je vais
prendre quelques photos en ville, la cathédrale notamment qui est ouverte, et
prendre mon petit déjeuner dans un bel hôtel de style colonial situé sur la
place centrale. C'est relativement cher mais l'ambiance est top. Je prends un
premier bus qui m'emmène jusqu'à Tizimin, puis un autre jusqu'à Rio. Il faut
environ deux bonnes heures pour y parvenir. Il paraît qu'on peut prendre une
lancha pour aller se balader sur la lagune où il y a toutes sortes d'oiseaux et
des flamants roses. Comme je suis tout seul, je me greffe à deux mexicains. Ça
fera moins cher. Nous négocions ferme car ici, ça sent l'arnaque. Il faut discuter
avec plusieurs lanchas pour faire descendre les prix. Lorsque nous arrivons
enfin à un prix raisonnable, nous partons. C'est assez chouette. On peut voir
des crocodiles, de cormorans, des pélicans, des grues et bien entendu de
superbes flamants roses. Au retour mes amis mexicains s’enduisent de boue
blanche. Il paraît qu'en séchant, ça fait du bien à la peau. C'est marrant à
voir. Ils ont l'air de zombies. Au bout de deux heures de virée nous rentrons
au port. Nous allons déjeuner ensemble dans un restaurant panoramique. La
bouffe est moyenne mais la vue est extraordinaire. Je tente une bière mélangée
avec du piment. Il paraît que c'est une spécialité mexicaine. Je ne suis pas
vraiment fana, mais j'aurai essayé. Je quitte mes amis mexicains puis vais me
balader un peu dans le village. Il n'y a pas grand-chose à faire mais
l'ambiance est paisible. Je retourne à Valladolid par le même chemin. Sur la
route, nous avons droit à de belles pluies. Content de retrouver Valladolid que
j'aime beaucoup.
Je prends mon petit déjeuner au bord de la piscine puis vais
à la gare routière pour trouver un bus pour Chichen Itza. C'est à une
cinquantaine de kilomètres de Valladolid, à peine une heure de trajet. Lorsque
j'arrive sur le site, il y a déjà plein de monde. Mais comme le site est
grandiose, ce n'est pas forcément gênant. Chichen Itza, c'est un peu le
Versailles des temples mayas. Quoiqu’ici, il y a une influence toltèque. C'est
vrai que les monuments sont assez imposants. Je vois mon premier vrai cenote.
C'est une sorte de grand trou dans lequel il y a de l'eau douce. De vrais
réservoirs d'eau potable. C'est certainement la raison pour laquelle les Mayas
sont venus s'installer dans le coin. Il y a des échoppes pour touristes tout le
long des allées. Ils vendent un peu de tout, du local et du chinois. D'un autre
côté, ça anime un peu. Je passe bien trois heures à déambuler puis reprends un minibus
pour rentrer à Valladolid. Je vais déjeuner dans un restaurant sur la place
principale. Un plat typiquement mexicain. La cuisine mexicaine est plutôt bonne
en général. Vers 15 heures, je vais me promener jusqu'au couvent de Santa
Bernardino de Siena. C'est un lieu agréable. Les couvents se ressemblent tous
mais j'aime bien ces lieux. Au retour, l'orage tombe. Je me réfugie dans une
petite boutique qui vend du chocolat traditionnel fait au Mexique. Ils
expliquent un peu comment ça se fabrique puis, évidemment, vendent quelques
produits. Je me laisse tenter par du chocolat pur. J'adore ça. On a
l'impression qu'ils viennent de le faire. Lorsque la pluie s'arrête enfin,
toutes les rues sont inondées. Je vais faire recoudre un bouton de mon short
qui a pété chez un petit couturier dans une boutique complètement paumée.
Heureusement, qu'on me l’a indiqué, je ne l'aurai jamais trouvé tout seul. Le soir
je déguste mes chocolats. Trop bons.
Je me lève assez tôt car je ne voudrai pas arriver trop tard
sur le site de Cobà. Lourdes, me fait un délicieux petit déjeuner puis je vais
à la gare routière. Il faut marcher un peu puisqu'elle se trouve dans le centre.
Un bus m'emmène jusqu'au village de Cobà. Il faut marcher un peu le long d'un
très beau lac pour rejoindre l'entrée du site. Je laisse mon sac à la consigne.
Je m'aperçois qu'il est en train de se déchirer de partout. Même les sangles
sont en train de lâcher. Il va falloir que je le change rapidement. Le site est
très étendu. Au début je me dis que je vais marcher. Mais bien vite je constate
qu'il y a une sacrée distance entre les monuments. J'accepte donc la
proposition d'un pousse-pousse de me trimballer. En plus, il fait une chaleur
humide incroyable et je suis trempé de sueur. Et puis, le pédaleur me conduit
directement aux sites. Pas de risque de se perdre. C'est assez intéressant mais
pas très photogénique. Il s'agit surtout d'amas de pierres. Ils sont en train
de les découvrir petit à petit. Il y a pas mal de monde en vélo et en
pousse-pousse. Heureusement j'avais pensé à m’asperger d’anti-moustique. Ces
sales bêtes pullulent ici. Mon pédaleur me dit que le mois de septembre est le
pire pour les moustiques. Le visite n'a pris qu'une heure et demi. Je récupère
mon sac et retourne à pied à l’embranchement où s’arrêtent les bus pour
Valladolid, une charmante petite ville qui me changera bien des villes
touristiques de la côte. Je trouve un grand hôtel très sympa avec piscine,
juste à côté de la place centrale. Et pas trop cher en plus. L'après-midi, je
vais acheter un nouveau sac pour remplacer le mien qui est en train de rendre
l'âme.
Ce matin, je me réveille assez tôt pour aller visiter le
site avant la horde des touristes. J'ai de la chance, il y a du soleil et la
lumière est splendide. Ça c'est bon pour les photos. C'est à environ 4
kilomètres du centre-ville. A l'hôtel, ils prêtent des vélos mais je préfère y
aller à pieds. J'ai bien fait d'arriver tôt, il n'y a presque personne. Le site
est joli. Très belle vue sur la mer. C'est une des rares sites mayas à être
situé sur la côte. Il y a des iguanes partout qui se baladent. Il y a en a
tellement qu’il faut faire attention à ne marcher dessus. Je me promène
tranquillement jusqu'à 10 heures, heure d'arrivée en masse des touristes. Là,
il faut fuir. Je reviens à l'hôtel en passant par la plage. Très beau sable
blanc. Au loin, des gros nuages noirs orageux s'approchent. Il est temps de
presser le pas. D'autant plus que la route du retour est interminable et
monotone. J'échappe de peu à la pluie. Le soir je discute avec un couple de français
qui vit à New-York et qui est assez déçu de la vie américaine.
Au réveil, il pleut. Mais pas un pipi de chat, un bon orage
tropical. Et ça n'arrête pas jusqu'à 11 heures. Je suis coincé dans la chambre.
Pas question de sortir, la pluie est trop forte. A 11 heures, je libère la
chambre et dépose mon sac à la consigne de l'hôtel. Je profite de l'accalmie
pour visiter un peu la ville. C'est stupéfiant. Un nid de gros bidochons
occidentaux. La Grande Motte du Mexique. Question bide, je m’aperçois que j’ai
encore de la marge. La 5ème avenue est une rue piétonne commerçante
et touristique. Aujourd'hui, nous sommes dimanche mais tout est ouvert.
L'avenue s'étend petit à petit vers le nord. On trouve toutes les boutiques
internationales. Cet endroit n'est vraiment pas fait pour moi. Mais j'aime bien
voir ces endroits. Mais pas trop longtemps non plus. Il pleut toujours un peu.
J'en profite pour acheter un petit parapluie pliable. Ça pourra toujours
servir. Je déjeune vite fait dans un restaurant mexicain pour touristes puis
retour à l'hôtel pour récupérer mon sac avant d'aller au terminal des bus. Pour
Tulum, il y en a qui partent toutes les dix minutes environ. La pluie s'est
calmée. Arrivé à l'entrée de Tulum, je marche jusqu'à un petit hôtel référencé
dans mon guide. Il est tenu par une charmante dame très gentille, Lourdes.
Habituellement, il faut réserver mais comme on est en basse saison, elle
m’accepte. C'est une petite maison sans prétention avec quelques chambres
équipées de ventilateurs seulement. Mais grâce à la pluie, la chaleur a
sérieusement baissée. Elle m'explique les combines pour aller visiter le site
archéologique demain. Normalement, la météo devrait être plus clémente.
Ce matin, j'ai décidé d'aller faire un tour en bateau sur la
lagune. Ils organisent une balade de deux heures. Ça me convient parfaitement.
Ça démarre à 10h30. J'ai juste le temps de prendre un petit déjeuner sur la
place du village. Sur le bateau, on est une petite dizaine dont la moitié de
colombiens. On suit d'abord le rivage pour admirer les somptueuses villas de
milliardaires. Au loin, des nuages noirs annoncent l'orage. Et ça n'y coupe
pas. On prend une sacrée saucée. Je suis trempé jusqu’à l’os. Le bateau
s'arrête sur le canal des pirates où tout le monde descend se baigner. Je
n'avais pas prévu ça et je n’ai pas emporté de maillot de bain. Mais je suis
tellement mouillé par la pluie que je me baigne tout habillé. On reste une
bonne heure à faire trempette sous la pluie. L'eau est tellement chaude que
c'est plus agréable de rester dedans que dehors. Il y a à peine un mètre d'eau
de profondeur. Au bout d'une heure, j'en ai un peu marre mais les colombiens ne
veulent pas sortir de l'eau. Je discute avec un jeune espagnol et un couple de
suisses. Sympas. Puis enfin, nous rentrons. Je repasse à l'hôtel me changer
puis je retrouve José, l'espagnol, pour aller déjeuner ensemble. Il vadrouille
comme moi et part au Belize. Je lui donne tous les bons tuyaux. Lui me refile
les siens pour le Chiapas. Il continue à pleuvoir. J'hésite à reprendre la
route. Il est déjà 3 heures. Puis je me décide à y aller. Je commence à pieds
puis prends un taxi. J'arrive sur la grande route juste au moment où un minibus
s'arrête. Il va dans la direction de Tulum. Il fait un froid de canard à
l'intérieur. La climatisation doit être à fond. Je vais finir par choper une
crève. Au milieu du trajet, à Felipe, on change de gare et de minibus. Celui-là
va jusqu'à Playa del Carmen. Je voulais m'arrêter à Tulum mais finalement, je
préfère Playa car demain c'est dimanche et le site archéologique de Tulum va
être rempli de mexicains. Pour eux, le dimanche c'est gratuit. Il y a environ
300 kilomètres à parcourir. Je pense qu'on a fait quasiment toute la route sous
la pluie. La route est droite et monotone, entourée de jungles où on ne voit
pas grand-chose. On arrive à Playa vers 19 heures. Il fait déjà nuit. Toutes
les rues sont inondées. Je ne sais pas du tout où aller pour trouver un hôtel.
Pourtant, ce n’est pas ce qui manque ici. C'est le Saint-Tropez local. Tout est
fait pour le tourisme. Je trouve par hasard un hôtel chic tenu par un français.
Comme c'est la basse saison, j'arrive à marchander la moitié du prix affiché.
Les chambres sont superbes. Celle que je choisis à une piscine juste en face.
Grand luxe. Je m'installe et fait sécher toutes mes affaires trempées. J'irai
visiter la ville demain.
Ce matin, il fait très beau. La lumière sur la lagune est
splendide. Je vais prendre mon petit déjeuner dans un gargote à côté. Puis je vais
me promener un peu dans le centre-ville. Ça sent vraiment les vacances ici. Je
visite le petit fort construit par les espagnols pour repousser les pirates.
Sympa mais le musée n’est pas terrible. Je me renseigne sur les balades en
bateau sur la lagune. Je ferai peut-être ça demain. J'ai rendez-vous à midi avec
David et Michou au cenote Azul. C'est une espèce de cratère naturel rempli
d'eau douce dans lequel on peut se baigner. L'endroit est plutôt agréable. On
doit s'acquitter d'un droit de passage au restaurant du site pour pouvoir y
accéder. Je longe la lagune sur quatre kilomètres et je ne vois aucun accès
libre à la plage. Tout est pris par des résidences privées. Étonnant ! Après
avoir déjeuner un bon ceviche, on glande là une partie de l'après-midi. Puis,
nous rentrons à Baracal. Mes ch'tis me dépose au centre-ville dans une boutique
de téléphonie pour que je puisse acheter une carte Sim. Le type passe une bonne
demi-heure à me desimbloquer mon mobile. Et durant ce temps, j'assiste à une
scène vraiment étonnante. Un jeune mennonite de douze ans environ rentre dans
le magasin et regarde les portables sous la vitrine. Bizarre pour des gens qui
vive sans électricité et confort moderne ? Je me dis qu'il vient par curiosité.
Puis il demande à la vendeuse de lui montrer un smartphone. La vendeuse
s'exécute gentiment. Je me dis que ce n'est pas possible qu'il achète un truc
comme ça. Et ben si. Il sort une liasse de billets et l'achète. Ça doit être
pour son père qui n'ose pas venir l'acheter lui-même. Enfin, ça fait bizarre.
Retour à l'hôtel pour prendre un peu le frais de la clim.
Aujourd'hui, il pleut. Je prends mon petit déjeuner, paye
l'hôtel puis vais à pieds à la gare routière. Il y a un bus local toutes les demi-heures
pour Chetumal, première ville mexicaine après la frontière. Le passage à la
douane se passe sans difficulté. Il faut payer une taxe d’une quinzaine d'euros
pour sortir du Belize. On ne sait pas trop pourquoi. Le reste n'est que
formalités. Je ne veux pas rester à Chetumal. Il paraît qu'il n'y a rien à voir
depuis le passage du dernier cyclone qui a ravagé la ville. Je veux aller à
Bacalar, un bled un peu plus loin au bord d'une lagune. Il parait que ça vaut
le coup d’œil. J'arrive à trouver la station des collectivos qui y vont. Par
contre, j'ai un mal de chien à trouver un distributeur de pesos mexicains.
Bizarrement, j'en trouve un dans un commissariat de police. Fallait le savoir.
Il y a un bel orage au-dessus de ma tête. Comme il me reste vingt minutes avant
le départ, je bouffe un hamburger dans le petit resto de la station de bus. Pas
terrible mais ça rempli le bide. Bacalar n'est qu'à une trentaine de kilomètres
de Chetumal. En passant par la quatre voies, il nous faut à peine une
demi-heure pour nous y rendre. Il y a une bonne marche pour rejoindre la lagune
au bord de laquelle se trouvent les hôtels. J'ai du mal à en trouver un bon
marché. Mais je fini par en dégoter un pas trop mal avec vue sur le lac. Comme
j'ai faim, je vais manger une excellente pizza dans un pizzeria tenue par de
vrais italiens, près de la place du village. Sur ce, j'ai un message de David
qui me dit qu’ils viennent d'arriver à Bacalar et, que par le plus grand des
hasards, ils logent juste à côté de mon hôtel. Incroyable. A à peine cent
mètres. Je vais les rejoindre pour discuter autour d'un verre de whisky. Ils me
racontent que finalement, ils ont abandonné l'idée d'aller dormir chez les mémonites.
Ils ont trouvé l’ambiance trop coincée et se sentaient un peu voyeurs. Demain,
nous décidons d'aller nous balader ensemble.
Un 4x4 vient me chercher à l'hôtel à 9 heures précise. Il y
a déjà un couple de français ch'tis qui attendent dans la voiture. David et Michou.
Ils ont la cinquantaine. Ils ont l’air très sympas et marrants. Ils finissent
leur second tour du monde. Le chauffeur nous emmène à l’embarcadère des bateaux
sur le fleuve New River. C'est à une dizaine de kilomètres au sud d’Orange
Walk. Nous allons parcourir une quarantaine de kilomètres sur le fleuve pour
rejoindre le site maya de Lamanai. Nous apercevons quelques beaux oiseaux et
des iguanes. Ça grouille aussi de caïmans mais nous n'en verrons pas. Le bateau
fait trop de bruit. Cette navigation est très agréable. Il y a aussi un couple
de jeunes new-yorkais qui nous accompagne. Ils ne sont pas très bavards. La
balade nautique doit durer environ une heure. C'est très agréable. L’eau
rafraîchit l’atmosphère. On bavarde pas mal avec les ch'tis. On se raconte nos
voyages. On en a beaucoup en commun. Le site est sympa mais j'avoue que je
sature un peu. Le chauffeur a prévu un pique-nique. Frugal mais bon. Puis nous
reprenons le bateau dans l'autre sens. C'était une belle promenade avec une
chouette rencontre. Quelques belles photos aussi.
Comme j'ai un peu de temps avant de rendre la chambre, je
vais visiter le musée de la ville. Il se trouve à deux pas de l'hôtel. Il est
seulement 9 heures et il fait déjà une chaleur accablante. Le musée est situé
dans une ancienne prison coloniale. Rien de transcendant. Quelques expositions
sur la traite des noirs, sur les populations Mayas et sur les insectes. Il
n’attire pas grand monde et on comprend pourquoi. Je retourne à l'hôtel, prends
mon sac, mets les clefs de ma chambre dans une boîte aux lettres puis me dirige
vers la gare routière. Au passage, je vais tirer un peu d'argent. Je risque
d'être un peu court pour finir mon séjour au Belize. Cette fois-ci, c'est un
vieux bus qui s'arrête souvent. Mais nous ne mettons que deux heures pour
rejoindre Orange Walk. Drôle de nom pour une ville. Comme son nom ne l'indique
pas, c'est la ville de la canne à sucre et des sucrières. Il n'y a pas grand-chose
à voir mais je la trouve plus avenante que Belize City. On vient surtout ici
pour visiter le site maya de Lamanai. Je me fie à mon guide pour trouver un
hôtel. J'ai décidé de me faire plaisir et de prendre un bon hôtel avec de la
clim. J'avoue que j'ai du mal à supporter cette chaleur moite. Ça me rend mou
et amorphe. C'est cher, comme tout ici, mais ils me font une réduction. J'en
profite pour réserver une excursion pour aller visiter Lamanai demain matin. Je
me balade un peu dans la ville mais il n'y a pas grand-chose à voir. À part peut-être
les mennonites, une communauté de mormons. On les voit souvent se balader dans
la ville. On se demande vraiment ce qu'ils foutent là. Les hommes sont vêtus de
pantalons noirs, de chemises à carreaux avec des bretelles et des chapeaux de
paille. Les femmes sont, elles, habillées de robes longues noires et de grands
chapeaux blancs. Comment ne crèvent-elles pas de chaud ? Elles suivent bien
sagement leur mari. C'est « la maison dans la prairie » sous les
tropiques. Décalage complet.
Je vais prendre mon bus sur la place principale. Il y a un
office du tourisme qui m'explique certains trucs à voir au Belize. En plus, le
type très sympa me file une carte du pays. Le bus part à 9 heures. C'est un bus
express. Il ne met que deux heures pour rejoindre Belize city. Les paysages
sont assez monotones. De la forêt tropicale à perte de vue. J'ai repéré un
hôtel dans le centre-ville. C'est relativement cher mais ici, tout est cher.
Surtout si on veut un minimum de confort. Et avec cette chaleur, la climatisation
s’impose. Une fois mon sac déposé, je vais me balader un peu en ville. Pas grand-chose
d'intéressant à voir. Des vieilles maisons en bois qui datent d’un bon siècle
et qui ont résistées aux cyclones. Des écolières sortent d’une école
religieuse. Elles ont toutes la même tenue blanche avec un nœud de couleurs
différentes, sûrement en fonction de leur classe. Je croise pas mal de pauvres
en guenille. Surtout des noirs et souvent imbibés d’alcool. Je vais jusqu'à la
pointe de la presqu’île où il y a un phare. Puis je rebrousse chemin vers la
rue commerçante du centre. Rien de très folichon. Je trouve difficilement un
restaurant à peu près correct près des quais. Du poisson pané, du riz et une
bière. Ce n’est pas ici que je vais faire un repas gastronomique. Retour dans
ma chambre climatisée pour respirer un peu.
Je prends un bon petit déjeuner dans le restaurant de
l'hôtel puis prends un taxi qui m'emmène jusqu'à Benque Viejo, près de la
frontière du Guatemala. De là, je prends un petit bac gratuit pour traverser la
rivière. Après une petite marche d'un kilomètre et demi sous la chaleur,
j'arrive à l'entrée du parc de Xunantunich. Un site maya idéalement perché sur
une colline. Du haut de la plus haute pyramide, il y a une vue superbe sur la
région. On voit même le Guatemala qui est vraiment tout à côté. L'endroit est
calme et paisible mais il fait très chaud. Je transpire à grosses gouttes. J'ai
la chemise trempée. A la sortie du site, je bois une bouteille d'eau glacée à
la buvette en discutant avec un guide. Il me sort autant d’eau en transpiration
qu'il en entre par la bouche. Puis, je redescends la route et reprends le bac.
Sur la grande route, je chope un taxi qui me ramène jusqu'à San Ignacio. Je
l'arrête avant d'entrer en ville pour aller visiter un autre lieu archéologique
du coin. Cahal Pech. Il est midi, il n'y a personne. Pourtant le dimanche, les béliziens
ne paient pas. Nous, si. Le site est sympa mais je commence un peu à saturer
des ruines. Je redescends en ville et m'arrête au passage dans un restaurant
très chouette qui fait d'excellents fajitos. Finalement, j'ai bien marché.
J'aime beaucoup cet endroit. Je profite de la matinée pour
glander un peu sur la terrasse qui surplombe le lac. Il y a plein d'oiseaux qui
viennent me tenir compagnie. Puis je prépare mon sac et quitte ce petit coin de
paradis. Direction le Belize. Un tuk-tuk m'emmène jusqu'à la route principale.
Au moment même de notre arrivée au carrefour, un collectivo s'arrête. Il va
bien à la frontière. Il m’embarque. Nous passons devant les ruines de Yaxhà.
J'aurai bien aimé m'y rendre mais trop compliqué pour trouver un transport. Ou
alors il aurait fallu marcher 11 kms sous la chaleur. Je ne m'en sentais pas le
courage. La frontière se passe bien, à part une queue du côté bélizien. A la
sortie de la douane, un taxi me propose de m'emmener jusqu'à San Ignacio.
J'accepte. J'ai la flemme de prendre le bus local. Il y a à peine 15 kilomètres
à faire. Le taxi me dépose directement à l'hôtel que je lui ai indiqué. J'ai choisi
une chambre climatisée. C'est plus cher mais c'est plus confortable, surtout
avec cette chaleur humide difficilement supportable. Je vais tirer du fric
local, des dollars béliziens. Puis je vais manger des nouilles sautées dans un
resto chinois un peu crade. Je vais aussi me renseigner sur ce qu'il y a faire
dans la région. Demain, il y a une visite de grottes organisée mais c'est très
cher et ça ne me tente pas vraiment. Il fait vraiment très chaud. Je vais
profiter de la clim de ma chambre. C’est assez étonnant ce petit pays. Il y a à
peine 350 000 habitants. C'est un mélange de noirs, de blancs, de chinois qui
tiennent les commerces, de latinos et de métis bien-sûr. On y parle aussi bien
l'anglais que l'espagnol. On utilise deux monnaies, le dollars Belize et le
dollar américain. Il y a deux capitales. Et une pléthore d'églises anglicanes. Bref,
il y a toujours le choix.
Le minibus vient me chercher à 5h30. En fait, ce sont des minibus
qui viennent de Florès. Ils sont remplis de jeunes routards complètement
endormis. Eux sont partis à 4h30. Il faut à peine une heure pour atteindre la
porte du parc. On paye un droit d'entrée de 150 Quetzales. Une petite pause
pour boire un café, puis c'est parti. Je vais dans le sens opposé des visites guidées,
ce qui fait que je suis quasiment seul. Au début, je me perds un peu puis
finalement je prends une photo de la carte du site que me prête gentiment un
couple de québécois. Ça va être plus facile. Il y a beaucoup de brume ce matin
mais ça va vite se lever. Vers 9 heures, c'est le grand beau. Ce que j'aime
bien ici, c'est qu'ils ont conservé un grand nombre de ruines encore ensevelies.
On a l'impression de découvrir les temples comme au temps des premiers
explorateurs. Il y des temples plus ou moins imposants disséminés un peu
partout. En tout cas, ça vaut le coup rien que pour la balade en forêt. Au bout
de quatre heures de marche, j'ai l'impression d'avoir fait le tour des
principaux sites. Les autres sont encore bien cachés. La plupart des monticules
de pierres sont des temples recouverts de végétation. Il commence à faire
vraiment très chaud. Je rentre au parking puis retour à El Remate. Je déjeune
au restaurant de l'hôtel. Comme d'habitude, un délice. La patronne me propose
de me faire préparer un plat typiquement régional pour le dîner de ce soir. Une
sorte de ragoût. Qu’est-ce qu’on est bien ici. Ça va être dur de repartir.
Je prends un super petit déjeuner sur une terrasse au bord
du lac. C'est vrai qu'on est bien ici et qu'il a l'air de faire bon vivre. Mais
j'ai quand même envie de changer de crèmerie. J'ai envie d'aller de l'autre
côté du lac à El Remate. Ça a l'air plus paisible et moins touristique. Je me
renseigne sur le prix des lanchas mais c'est hors de prix. Je vais donc me
débrouiller par la voie terrestre. En sortant de l'hôtel, un type me propose de
faire un tour en lancha sur le lac. Je me dis que c'est un bonne idée avant de
prendre mon bus pour El Remate. On passe donc une petite heure à naviguer sur
le lac. C'est sympa. Il m'explique plein de trucs sur la région. Puis il me
dépose à un embarcadère sur la rive et m'indique où je dois prendre mon bus. Un
type qui vend des noix de coco à un croisement m'aide à trouver un minibus.
J'ai à peine le temps de boire mon lait de coco qu'il y en a un qui arrive. Il
met une petite demi-heure à m'emmener à destination. Là, je trouve un hôtel
paradisiaque au bord du lac avec un joli jardin très bien entretenu. Pour
déjeuner, on me sert un délicieux poisson, pescado blanco, tout frais sorti du
lac. Un régal. Puis je vais faire une petite sieste en mettant un peu de clim.
J'avoue qu'avec ce temps chaud et humide ça fait un bien fou. Qu’est-ce que
c'est tranquille ce coin. Ça change de Florès. Je vais faire une promenade à
pieds autour du lac. C'est paisible et reposant. Je dîne léger au restaurant de
l'hôtel tout en diffusant mes photos sur Internet. Demain, il faut que je lève
tôt pour aller visiter Tikal.

Je prends la première navette fluviale pour me rendre à Rio
Dulce. C'est une ville routière au bout de la lagune. De là, je prendrai un bus
pour me rendre à Florès. Le bateau traverse la lagune en passant par des coins
sympas où l'on peut apercevoir des oiseaux. Entre la lagune et l'océan, il y a
une grande gorge avec de grandes falaises couvertes de forêt. Un petit arrêt
touristique aux eaux chaudes. En prenant son temps, il nous faut une heure et
demi pour atteindre Rio Dulce. De là, on rejoint à pied l'arrêt de bus. On nous
dit qu'il faut attendre le bus une petite demi-heure. En fait on l'attendra
plus d'une heure et demi dans la chaleur, au bord de la route. Il n'y a que des
jeunes routards de toutes nationalités. Lorsqu'enfin le bus arrive, il est
complet. Nous devons rester debout et attendre que des passagers sortent pour
prendre leur place. Au bout d'une heure et demi, j'arrive enfin à m’assoir. Je
n'ai pas vu le paysage de la route mais je crois que je n'ai pas perdu grand-chose.
Des collines couvertes de jungles verdoyantes. Une fois arrivés à Florès, des
minibus tente de nous diriger vers des hôtels de leur convenance. Florès est en
fait une île sur une lagune. C'est assez mignon mais très touristique. Il y a
des hôtels et des restaurants partout. On a que l'embarras du choix. Mais ici,
tout est cher. Je trouve une chambre avec un petit balcon qui donne sur le lac.
Sympa mais il fait une sacrée chaleur à l'intérieur. Sans doute parce que je
suis sous la terrasse. Je vais dîner dehors. Je mange quelques tapas délicieux
au bord du trottoir puis vais me renseigner sur les excursions dans un petite
agence. L'attraction locale, c'est bien entendu Tikal mais il y a aussi
d'autres sites Mayas intéressants comme Yaxha. On réfléchira à tout ça demain.
Apparemment, je dois libérer la chambre ce soir. Il y a eu
une erreur de réservation. La nana de l'hôtel doit me trouver une autre chambre
ailleurs. Ici, tout est complet. Je retourne à l‘embarcadère pour annuler mon
bateau avec le petit vieux. A 9h30, une lancha vient nous chercher sur le
ponton juste en face de l'hôtel. Nous sommes une bonne quinzaine, surtout des
jeunes. Nous faisons une halte pour voir des cascades le long d'un rio. Il y a
quelques piscines naturelles. C’est sympa de se promener dans le rio, les pieds
dans la flotte. Puis nous reprenons la lancha pour aller un peu plus loin sur
la côte, dans un petit coin de paradis. La playa blanca. Il n'y a pas grand-chose
à faire à part la bronzette et la baignade. Pas trop mon genre. Je vais me balader
le long de la plage mais suis vite stoppé par les mangroves. A à peine deux
cent mètres de la plage touristique, c'est un vrai dépotoir de poubelles. On
comprend mieux pourquoi on doit payer un peu. Ici, ils doivent nettoyer tous
les jours. On glande jusqu'à 15 heures puis retour à Livingston en longeant la
côte. Trois heures de plage, je crois que j'ai eu ma dose pour un moment. Ils
avaient annoncé de la pluie toute la journée mais finalement nous avons eu
droit à un temps magnifique. De retour à l'hôtel, comme prévu, je déménage à
l'hôtel Dona Alida. Je n'y perds pas au change. Il est plus tranquille et donne
directement sur une plage. Ici, la plage, c’est de l’herbe bien verte. Pas de
sable. Je retourne au restaurant du port pour manger un Tapado. C'est une
espèce de bouillabaisse local où on mélange tous les restes de poissons. C'est
plutôt bon et l'idéal pour un dîner léger.
Il a
plu toute la nuit. Et de la grosse pluie bien tropicale. Cet hôtel est
extraordinaire. On retourne cent ans en arrière. Comme si rien n'avait changé
depuis. Même la salle à manger est d'origine. Le serveur est un vieux noir tout
droit sorti d'un vieux film. Je prends quelques photos de l'endroit pour m'en
souvenir puis je vais à pieds à l‘embarcadère des lanchas. C'est comme ça
qu'ils appellent les petits bateaux à moteur ici. Il y en a une qui est sur le
départ juste quand j'arrive. Décidément, j'ai beaucoup de chance. La traversée
jusqu'à Livingston ne dure que trente petites minutes. Faut dire qu'ils sont
équipés de sacrés moteurs. C'est sympa d’arriver par la mer. Livingston est un
petit bled paumé. On n’y accède que par bateau. Il n'y a pas de route, les gens
n'en veulent pas. Il est principalement peuplé de garifunas, des anciens
esclaves noirs venus se réfugier ici. Au débarquement, il y a les inévitables
rabatteurs qui tentent de nous diriger vers certains hôtels qui les rémunèrent
au passage, à notre détriment bien entendu. J'arrive à m'en débarrasser assez
facilement. Après la visite de deux ou trois hôtels, j’en trouve un très sympa
et bon marché avec une vue sur la mer. Devant moi, la baie. Il ne manque plus
que les vaisseaux de pirates. Je vais faire un petit tour dans le bourg. Il n'y
a pas grand-chose à voir, juste une ambiance typiquement caraïbe et
nonchalante. J'achète une chemise à manches courtes. Il n'y a que ça que je
supporte ici. Puis je vais manger une langouste sur la terrasse du resto du
port. Un vrai délice. Je rencontre un type qui me propose de louer sa barque
pour la journée de demain. C'est relativement cher mais je me dis que ça vaut
sans doute le coup. Mais plus tard, à l'hôtel, on me propose de me greffer sur
un groupe de cinq canadiennes. C'est beaucoup plus économique. Il fait chaud et
très humide. Je dois prendre plusieurs douches par jour. Il parait qu'il y a
aujourd'hui une éclipse solaire aux États-Unis. Ici, on ne voit rien. Sauf à la
télé comme tout le monde.
Finalement,
j'ai changé mes plans. J'ai lu qu'on pouvait accéder en bateau à Livingston en
passant par Puerto Barrios. Une ville portuaire plus au nord. En plus, il
parait que ce port a un côté « fin du monde » complètement glauque.
J'adore ! Après mon petit déjeuner, je retourne à l'agence de voyage pour
savoir si par hasard, il n'y a pas un départ ce matin. On me dit qu'un minibus
est parti ce matin pour Puerto Barrios. Eh merde ! On me conseille de prendre
en minibus qui retourne à Antigua et de m’arrêter à Rio Hondos. De là, je
pourrai trouver plus facilement un bus pour Barrios. J'acquiesce. Je perdrai
moins de temps de cette façon. Un minibus vient me chercher à l'hôtel à midi.
Le chauffeur m'explique qu'il fait le trajet aller-retour tous les jours de la semaine.
Ça doit être crevant. Nous passons la douane en cinq minutes, un record. J'ai
pu négocier avec le chauffeur pour me mettre devant, à côté de lui. On voit
mieux le paysage. On discute un peu. La route montagneuse est plutôt jolie. Il
me dépose cent bornes plus loin, au croisement de la route qui mène sur la côte
caraïbe. Apparemment, je viens de rater un bus à 5 minutes près. Le suivant
passe dans trois heures et demi. Je demande s’il n'y a pas d'autres solutions ?
Sympas, ils me conseillent d'attendre le passage d'un minibus sur la route. Ce
que je fais. Et par chance, j'en trouve justement un qui va à Puerto Barrios.
J'ai vraiment le cul bordé de nouilles. Bon, c'est un minibus local blindé de
monde mais on me trouve une place à côté de deux charmantes minettes. On se
sert un peu, normal ! Il fait de plus en plus humide et chaud. On approche de
la mer. On arrive enfin à Barrios vers 17 heures. Grâce à mon GPS, j'arrive à
trouver l'hôtel del Norte, situé juste à côté du port industriel. C'est un très
vieil hôtel tout en bois qui date de cent ans et qui n'a pas bougé depuis.
J'adore ces endroits chargés d'histoire. Je dégouline de sueur tellement l'atmosphère
est moite. Je prends une chambre bien pourrie mais avec une vue sur la piscine
et la mer. Je prends une bonne douche et en profite pour faire un peu de
lessive. Puis je descends au resto de l'hôtel. Le garçon, un vieux noir très
sympathique, me dit qu'ils ne servent pas de poisson. Mais il me conseille
d'aller au resto d'à côté. Il y a une petite fête sur les quais. Je trouve le
restaurant. Je m’installe sous la grande paillotte. Je commande un ceviche. Puis,
la pluie tombe brusquement. Heureusement, je suis abrité. Dehors, tout le monde
s'enfuit en courant. Une fois l’averse terminée, je retourne à l'hôtel pour
bien dormir.